“ À la fois vif, rude, poli, malin, sarcastique, puis tout à coup tendre, délicat, presque mièvre et câlin, ayant l’expression heureuse et fine au plus haut degré, habile à semer son style de réticences, de réserves, de précautions infinies, de malignes allusions, d’ironies dissimulées, il devait exceller dans un genre qui exige avant tout du premier mouvement. Le style épistolaire de Paul est le plus personnel qu’il y ait jamais eu. ”
Paul le Haut
Définition et enjeux
Citations sur “Paul le Haut”
Wladimir Guettée,
Histoire de l'Église de France…
(1847-1856)
“ Il fuit suivant le précepte du Seigneur qui a dit : Si l'on vous persécute dans une cité, fuyez dans une autre ; il fuit, et en cela il imite les apôtres et prouve ainsi qu'il est l'homme apostolique. Paul n'a pas rougi d'être descendu dans une corbeille du haut des murs de Damas et d'échapper ainsi aux mains de ceux qui en voulaient à sa vie ; il s'est enfui ainsi, non pour conserver sa vie, mais pour épargner un crime à ses ennemis ; non pour éviter la mort, mais pour gagner la vie. C'est à bon droit que l'Eglise a mis Innocent à la place de celui dont il suit les traces. ”
George-Marie Raymond,
Monument érigé à la gloire de saint François de Sales…
(1834)
“ Semblable au Sauveur du monde , il parcouroit les bourgs et les villages , instruisant les hommes du peuple sans jamais se rebuter de ce que l'ignorance ou la grossièreté opposoient de difficulté à son ministère. A l'imitation de saint Paul, il se fit tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ. Né avec une âme sensible, un caractère vif et un tempérament bouillant, jamais homme peut-être n'eut moins de dispositions naturelles à la douceur, et jamais homme n'a possédé à un plus haut degré cette aimable vertu. ”
Paul Adam,
L’Enfant d’Austerlitz
“ Sous le faix de tresses enlacées en haut de la nuque laiteuse, elle se riait des propos, des sourires, des brocards et des louanges, telle une démone ironique sachant les causes inconnues de l’univers, des hommes et de leurs esprits. ”
Paul Milliet,
Une famille de républicains fouriéristes…
(1915-1916)
“ Déjà leurs pieds effleurent à peine le sol ; leurs corps deviennent légers et immatériels. Miracle ! Ils flottent maintenant dans l'air, ils s'envolent comme des oiseaux ; ils s'élèvent plus haut, toujours plus haut, dans un rayon de soleil, ils montent vers les splendeurs glorieuses, vers le séjour d'éternelle félicité. Oh ! quel rêve délicieux et pur! Heureux celui qui a de pareilles visions et qui sait les peindre avec tant de charme, avec une conviction si simple et si profonde. ”
Paul de Saint-Victor,
Victor Hugo
(1892)
“ En songeant à quel point c'est grand, l'âme innocente, Quand ma pensée au fond de l'infini s'absente, Je me dis, dans l'extase et dans l'effroi sacré, Que peut-être, là haut, il est, dans l'ignoré, Un Dieu supérieur aux dieux que nous rêvâmes Capable de donner des astres à des âmes. ”
“ Il n’y a pas lieu de s’étonner du nombre et de l’horreur de certains crimes exotiques, qui soulevèrent, pendant quelques instants, la réprobation dans le monde civilisé. Il serait plus légitime de s’étonner que ces forfaits ne soient pas plus nombreux et plus horribles encore. Les actes fameux imputés à l’administrateur Toqué, dans le Haut-Congo (juillet 1903) , découlent directement de la doctrine qui prévaut parmi les fonctionnaires et les trafiquants d’Afrique : c’est que le nègre n’est pas un homme, et que sa vie n’est point digne d’estime. ”
“ La Réforme ouvre pour saint Paul une ère nouvelle de gloire et d’autorité. Le catholicisme lui-même revient, par des études plus étendues que celles du moyen âge, à des vues assez justes sur l’apôtre des gentils. À partir du xvie siècle, le nom de Paul est partout. Mais la Réforme, qui a rendu tant de services à la science et à la raison, n’a pas su faire une légende. Rome, jetant un voile complaisant sur les rudesses de l’Épître aux Galates, élève Paul sur un piédestal presque égal à celui de Pierre. Paul n’en devient pas davantage le saint du peuple. ”
“ Sous un manteau de fleurs la tristesse est vouée Et nos cœurs attendris commencent d'espérer. Aux mystères trop hauts notre âme n'est point faite : De l’infini des cieux escaladez le faîte, Nous, restons ici-bas pour aimer et pleurer. ”
HOMÉLIE CONTRE CEUX QUI ABUSENT DE CETTE PAROLE DE L’APÔTRE…
“ C’est que, s’il n’était souillé ni d’avarice ni de rapines, il avait laissé germer en son âme la vanité, l’arrogance, mère de tous les vices. C’est pourquoi Paul nous exhorte par ses paroles : Que chacun examine bien ses actions : il trouvera ainsi sa gloire en lui-même, et non dans les autres. (Gal. 6,4) Or, ce pharisien se fait l’accusateur du monde entier, et se prétend meilleur que tous les hommes. Se fût-il préféré à dix seulement, à cinq, à deux, à un seul, Dieu ne l’aurait pu souffrir. Or, non seulement il se préfère au monde entier, mais il accuse tous les hommes. ”
M. Aubé, Saint Paul et la formation du christianisme
“ Les disciples de Paul, qui sont un millier peut-être à sa mort, comprennent au IIIe siècle toute la chrétienté. Pierre et ses collègues ont-ils donc eu l’honneur de faire école et de laisser des disciples marquans? L’influence de Paul est telle que bientôt il entraîne tout dans son orbite. On fera de Pierre lui-même son associé et son collaborateur dans la fondation des églises où Paul seul a travaillé. Paul, il est vrai, n’est pas un pur contemplatif; c’est un homme d’action. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Spectacles contemporains
(1891)
“ Quand on regarde la Rome monumentale, on est frappé par un fait d'abord inexplicable : la prédominance de l'apôtre saint Pierre, qui opprime, qui écrase l'apôtre saint Paul. Pierre trône partout, il emplit l'horizon et le ciel, Paul est relégué dans une basilique lointaine, isolée,- on fait de lui peu d'état. Cela confond les données historiques que nous avons sur les deux fondateurs du christianisme. Paul est un très grand génie, il a l'intelligence profonde, la chaleur du cœur, les œuvres actives ”
Eusèbe de Césarée,
Histoire Ecclésiastique
“ Ils se contentaient de la manifestation de l’Esprit Saint qui les assistait et de la seule puissance du Christ qui agissait avec eux et faisait des miracles. Ils annonçaient à l’univers entier la connaissance du royaume des cieux sans le moindre souci d’écrire des ouvrages. [4] Ils faisaient cela pour accomplir un ministère sublime et au-dessus de l’homme. Paul, le plus puissant d’ailleurs dans l’art de tout discours et le plus habile dans les pensées, ne confia rien autre à l’écriture que de fort courtes épîtres. ”
M. Aubé, Saint Paul et la formation du christianisme
“ Au point de vue de la valeur individuelle même, comment mesurer Paul et Pierre et dire : Celui-ci fut meilleur que celui-là? On n’a pas les élémens d’une comparaison entre deux hommes dont l’un est pleinement historique et dont l’autre n’a été que la matière de la légende. La seule infériorité de Paul, c’est d’être plus homme, plus semblable à nous. Les inconnus seuls portent l’auréole. La bonté n’est pas arme de guerre, et Paul passa sa vie à lutter. ”
M. Aubé, Saint Paul et la formation du christianisme
“ Enfin M. Renan écrit qu’on se sépara content, que Pierre, Jacques et Jean approuvèrent complètement l’évangile que Paul prêchait aux gentils, qu’on lui donna hautement la main, qu’on admit son droit divin immédiat à l’apostolat. D’où vient donc alors la nuance d’ironie ou d’amertume mal déguisée avec laquelle Paul parle de ces « colonnes de l’église? » On se sépara avec des paroles d’union sur les lèvres et la jalousie au fond du cœur. Les mains se touchèrent. La politique et non la sympathie les avait rapprochées. On accepta, on subit l’évangile de Paul sans y adhérer. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Rien ne s’est jamais fait que par degrés. Nous pouvons dire ici, pour la consolation des faibles, que la querelle de saint Pierre et de saint Paul ne doit point nous effrayer. Les saints sont hommes. Paul avait commencé par être le geôlier et même le bourreau des disciples de Jésus. ”
Napoléon Peyrat, Histoire de Vigilance, esclave… (1855)
“ Dès ce jour, Paul, l'apôtre directement élu par le Christ, le contradicteur de Céphas, le treizième apôtre plus actif à lui seul que les douze, l'apôtre indépendant de la hiérarchie et de la tradition, devint le symbole et l'organe des Églises nationales. Saint Paul, le premier réformateur, est le père de tous les réformateurs scripturaires, et le promoteur de toutes les réformations radicales et bibliques. Rome montre vainement sur les bords du Tibre les tombeaux réunis de saint Pierre et de saint Paul. C'est une fraternité fabuleuse. L'antagonisme existe entre leurs Églises ”
“ L’auteur des Actes a été ici égaré par son idée de convertir le plus possible de païens, par le plaisir de montrer les magistrats romains favorables au culte nouveau, et par le désir de poser tout d’abord saint Paul en apôtre des gentils. Ailleurs encore, nous verrons percer chez le narrateur des Actes ce naïf sentiment qui rend l’homme du peuple fier d’avoir eu des rapports avec les hommes célèbres ou importants. Il semble qu’il voulût répondre à des adversaires qui soutenaient que les chrétiens étaient tous des gens de bas étage, sans accointances et sans aveu. ”
La Mère Marie de Jésus, fondatrice des Petites-Soeurs de l'Assomption… (1909)
“ Vous et moi ne sommes que de bien faibles roseaux qui, souvent le jouet des vents, plions, agités dans tous les sens. Malgré cela, nous pouvons être forts, très forts, et dire avec saint Paul : « Je puis tout en Celui qui me fortifie; et quand » je suis faible, c'est alors que je suis puissant. » Saint Paul reconnaissait que de lui-même il n'était qu'infirmités et que faiblesse; mais du jour où il se mit de tout cœur à faire la volonté de Celui à qui il demanda sur le chemin de Damas : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? » ”
Ernest Havet,
Revue des Deux Mondes
“ Cela répond à tout, et voila tout ce que signifie dans Paul le mystère de la grâce. Mais ces textes, tout sacrés qu’ils sont, n’auraient pas produit, soyons-en sûrs, tout ce qu’on en a tiré, si par-dessus n’étaient venus les enseignemens des pères de l’église et surtout ceux d’Augustin. Paul est un Hébreu et un homme d’inspiration ; il jette les mots comme des éclairs qui nous étonnent et qui passent. ”
“ Au iiie, au ive, au ve siècle, Paul grandira singulièrement. Il deviendra le docteur par excellence, le fondateur de la théologie chrétienne. Le vrai président de ces grands conciles grecs qui font de Jésus la clef de voûte d’une métaphysique, c’est l’apôtre Paul. Mais, au moyen âge, surtout en Occident, sa fortune subira une étrange éclipse. Paul ne dira presque rien au cœur des barbares ; hors de Rome, il n’aura pas de légende ”
Irénée de Lyon,
Les Pères de l’Église
“ Ainsi, après avoir énuméré les œuvres charnelles qui éloignent de nous l’Esprit saint et qui nous donnent la mort spirituelle, saint Paul résume tout ce qu’il a dit dans cette même épître, quand il s’écrie : « Comme nous avons porté l’image de l’homme terrestre, portons aussi l’image de l’homme céleste, je veux dire, mes frères, que la chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu. » ”
“ C’était ici la constante préoccupation de l’apôtre, quand il écrivait aux Corinthiens. La froideur de Paul donne à sa morale quelque chose de sensé, mais de monastique et d’étroit. L’attrait sexuel est à ses yeux un mal, une honte. Puisqu’on ne peut le supprimer, il faut le régler. La nature pour saint Paul est mauvaise, et la grâce consiste à la contredire et à la maîtriser. Il a pourtant de belles expressions sur le respect que l’homme doit à son corps : Dieu le ressuscitera ; les corps des fidèles sont le temple du Saint-Esprit, les membres du Christ. ”
“ TROISIÈME VOYAGE DE PAUL. — FONDATION DE L’ÉGLISE D’ÉPHÈSE. Moins grand, moins possédé du démon sacré qui s’était emparé de ses entrailles, Paul se fût usé dans ces querelles stériles. Pour répondre aux petits esprits, il eût été obligé de se faire petit lui-même ; ces misérables disputes l’eussent absorbé. En génie supérieur, Paul les dédaigna. Il marcha droit devant lui, et laissa au temps le soin de décider entre lui et ses ennemis. La première règle de l’homme voué aux grandes choses est de refuser aux hommes médiocres le pouvoir de le détourner de son chemin. ”
M. Aubé, Saint Paul et la formation du christianisme
“ Pierre aima Jésus plus que Paul, cela est certain. Paul n’a connu que le Jésus idéal ; mais il aima, comprit, affirma ce Jésus idéal plus énergiquement que Pierre. Dans l’histoire du christianisme primitif, on peut par la pensée supprimer Pierre. Ce sera un vide dans la liste des âmes sincères et des cœurs dévoués, voilà tout. Qu’on essaie de faire abstraction de saint Paul, on ouvre un abîme où il semble que le christianisme entier disparaît. Faute du puissant ouvrier, la pensée qui portait une civilisation nouvelle serait demeurée sans fruit, comme une semence tombée sur un sable aride. ”
Édouard Fétis,
Catalogue descriptif et historique des tableaux anciens…
(1889)
“ H. 79 c. - L. 37 c. - B.Elle est agenouillée devant un prie-Dieu sur lequel est un livre, et tournée vers la gauche : robe noire garnie de fourrure brune ; bonnet d'étoffe blanche transparente dont les bouts retombent sur les épaules. A ses cotés est saint Paul en robe rouge et manteau vert, la main droite appuyée sur un glaive. Au fond, sur une route, de nombreux cavaliers avec une représentation de la chute et de la conversion de saint Paul. Fond de paysage très accidenté à droite avec rochers et fabriques, découvert à gauche et borné par des collines. ”
J M D, La presse et ses enfants (1858)
“ Un jour, il entendit comme une voix d'enfant qui disait : prends et lis. Reconnaissant là un ordre dû ciel, il prend le livre des épîtres de saint Paul, qui se trouvait par hasard sous sa main, l'ouvre et lit ces paroles : Ne vivez pas dans les festins, dans l'ivresse, dans les plaisirs et les impudicités, dans la jalousie et la dispute : mais revêtez-vous de J.-C., et n'ayez pas de prévoyance pour le corps au gré de vos sensualités. — Aussitôt, dit-il, et comme si une lumière de sécurité se fût répandue sur mon — 132 — coeur, les ténèbres disparurent. ”
Adolphe d' Avril,
Documents relatifs aux églises de l'Orient…
(1862)
“ Aussi saint Paul, ce grand zélateur du Christ, travaillat-il de toutes ses forces à imprimer cet amour dans les coeurs des fidèles, et il ne reclamait rien d'eux avec autant d'insistance que d'aimer lui et tous leurs chefs, et de s'aimer sincèrement les uns les autres. ”
Ernest Hello,
Le style (théorie & histoire)
(1861)
“ Quelquefois la sainteté resplendit sur le génie, comme le soleil sur l'Océan. Ainsi saint Paul. Se faisant tout à tous, à la joie comme aux larmes, parlant aux parfaits la parole de la sagesse, désirant être anathème pour les autres, lui qui portait la sollicitude de toutes les Eglises, en proie aux combats du dehors et aux terreurs du dedans, accomplissant ce qui manquait à la Passion du Christ, il se montra souverain en portant les fardeaux de l'empire. ”
Abbé F.x..., Vie de saint Denys l'Aréopagite… (1865)
“ Ce n'étaient point là en effet les leçons qu'il avaient reçues de Paul, ni les exemples qu'il avait eus dans sa conduite et dans celle des autres apôtres ; aussi jamais de semblables pensées n'avaient abusé son esprit pas même dans ses songes. Il était comme ces chasseurs ardents, intrépides : toujours à l'éveil, toujours à la trace de ce qui pouvait procurer la gloire de Dieu, la conquête d'une âme, c'était là sa dépouille opime, et il ne la trouvait abondamment que dans les périls, les travaux, les soucis, les entreprises hardies et d'exécution difficile. ”
Comtesse de Ségur,
Les Actes des Apôtres
“ Oui ; mais saint Paul trouva des inconvénients graves à cet usage. Il y avait parmi les nouveaux Chrétiens, peu instruits encore, des gens qui mangeaient ou buvaient avec excès ; il pouvait en résulter des choses fâcheuses, ou tout au moins une disposition peu recueillie qui faisait recevoir avec irrévérence le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Depuis, l’usage de ne communier qu’à jeun se répandit dans toute l’Église ; il a toujours été conservé. XLIVÉPITRE DE SAINT PAUL AUX ROMAINS. Avant de quitter Corinthe, l’Apôtre saint Paul écrivit sa grande Épitre aux Romains baptisés. ”
P. Guérinet, Paul, ou les Dangers d'un caractère faible… (1839)
“ Ton fils te remplacera, mon cher ami, je le le prédis, et il sera digne de toi ; tout jusqu'ici te porte à en concevoir l'espérance : Paul aime le travail ; il a du goût pour son état ; il est actif, intelligent ; il a de la religion ; il ne peut plus maintenant être heureux que comme fermier ; s'il sort de là, son avenir est manqué, il n'y a pas pour lui de bonheur possible. A ces dernières paroles , Jean attendri eût volontiers embrassé son frère. Antoine aurait peutêtre dû profiter de ce moment de sensibilité pour obtenir ce qui lui tenait tant au coeur ”
