“ TROISIÈME VOYAGE DE PAUL. — FONDATION DE L’ÉGLISE D’ÉPHÈSE. Moins grand, moins possédé du démon sacré qui s’était emparé de ses entrailles, Paul se fût usé dans ces querelles stériles. Pour répondre aux petits esprits, il eût été obligé de se faire petit lui-même ; ces misérables disputes l’eussent absorbé. En génie supérieur, Paul les dédaigna. Il marcha droit devant lui, et laissa au temps le soin de décider entre lui et ses ennemis. La première règle de l’homme voué aux grandes choses est de refuser aux hommes médiocres le pouvoir de le détourner de son chemin. ”
Paul le Grand
Définition et enjeux
Citations sur “Paul le Grand”
Napoléon Ier,
Napoléon à Sainte-Hélène. Détails sur sa mort…
(1855)
“ Mais une puissance cachée la protège. Sans appui, sans secours humain, armé seulement du signe, si faible en apparence, que saint Paul, le plus grand homme de l'univers, appelait la folie de la croix, le christianisme pénètre partout; il brise, de loin en loin, tous les obstacles-, il porte son drapeau dans la ville éternelle. ”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Saint Paul fut le maître du monde, dit le même orateur, l’oracle de l’Église universelle, l’un des fondateurs, ou, pour mieux dire, l’un des fondements de notre religion ; un homme de miracles et dont la personne fut le plus grand de tous les miracles, un autre Moïse pour les visions et les révélations divines, un second Élie pour les transports et les ravissements, un ange de la terre qui n’eut de conversation que dans le ciel, un disciple non plus de Jésus-Christ mortel, mais de Jésus-Christ glorieux ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Spectacles contemporains
(1891)
“ Quand on regarde la Rome monumentale, on est frappé par un fait d'abord inexplicable : la prédominance de l'apôtre saint Pierre, qui opprime, qui écrase l'apôtre saint Paul. Pierre trône partout, il emplit l'horizon et le ciel, Paul est relégué dans une basilique lointaine, isolée,- on fait de lui peu d'état. Cela confond les données historiques que nous avons sur les deux fondateurs du christianisme. Paul est un très grand génie, il a l'intelligence profonde, la chaleur du cœur, les œuvres actives ”
Augustin Henry, Précis de l'histoire de l'éloquence… (1851)
“ L'auteur me permettra de lui reprocher trop de concision à l'égard de saint Paul, qui est le plus puissant et le plus profond génie que je connaisse. Sans doute la phrase est rude, peu recherchée dans ses tours; mais quelle vivacité, quelle originalité, quelle hauteur, quelle fierté sublime , quelle magnificence même elle revêt à chaque instant ! Que de nerf, que de chaleur, que d'éloquence et de mouvements passionnés ! Ce grand homme n'est pas connu non plus, aimé et admiré, autant qu'il doit l'être ; c'était la désolation de saint Jean Chrysostôme, et je la comprends. ”
“ Comme nous savons infiniment plus de choses sur Paul que sur les Douze, comme nous avons ses écrits authentiques et des mémoires originaux d'une grande précision sur quelques époques de sa vie, nous lui prêtons une importance de premier ordre, presque supérieure à celle de Jésus. C'est là une erreur. Paul est un très-grand homme, et il joua dans la fondation du christianisme un rôle des plus considérables. Mais il ne faut le comparer ni à Jésus, [Pg iv] ni même aux disciples immédiats de ce dernier. Paul n'a pas vu Jésus; il n'a pas goûté l'ambroisie de la prédication galiléenne. ”
Claude Arvisenet, Oeuvres complètes d'Arvisenet,… (1856)
“ Dieu n'a pas besoin de votre secours, mon bien-aimé, et assurément vous êtes bien moins propre à procurer sa gloire que Paul qui, étant apôtre et le plus grand prédicateur parmi les nations, demeura emprisonné pendant deux années entières, dans le temps même où Dieu fondait et établissait son Eglise par le moyen de la prédication. ”
“ Le monde favorise les audacieux, ceux qui s’aident eux-mêmes. Paul, si grand, si honnête, est obligé de se décerner le titre d’apôtre. On est fort dans l’action par ses défauts ; on est faible par ses qualités. En somme, le personnage historique qui a le plus d’analogie avec saint Paul, c’est Luther. ”
“ Ce précieux écrit, base de la théologie chrétienne, est de beaucoup celui où les idées de Paul sont exposées avec le plus de suite. C’est là que paraît dans tout son jour la grande pensée de l’apôtre : la Loi n’importe ; les œuvres n’importent ; le salut ne vient que de Jésus, fils de Dieu, ressuscité d’entre les morts. Jésus, qui, aux yeux de l’école judéo-chrétienne, est un grand prophète, venu pour accomplir la Loi, est aux yeux de Paul une apparition divine, rendant inutile tout ce qui l’a précédé, même la Loi. ”
Théodore de La Rive, De Genève à Rome : impressions et souvenirs (1895)
“ Saint Paul, le premier, le plus grand des convertis, ne nous a-t-il pas parlé, dans des termes d'une transparente éloquence, du mystérieux aiguillon qu'il portait dans sa chair et de l'ange de Satan qui venait le souffleter (1) ? Ah! misère et fange que nous sommes! Que le cœur de l'homme est une forêt profonde! ”
M. Aubé, Saint Paul et la formation du christianisme
“ L’apôtre revient à la charge les samedis suivans. Les passions s’avivent et s’exaltent, les scrupules se tournent en scandale et en colère; Paul persiste. L’opposition l’irrite et donne à sa parole l’âpreté de la menace et comme l’accent des vieux prophètes. Deux partis se forment. Quelques-uns se sont sentis touchés au cœur, le plus grand nombre est hostile et répond aux prédications par des huées. Paul s’adresse alors aux païens. Il leur dit que Jésus ne fait pas acception de personnes, et qu’il suffit pour être sauvé de croire et de se donner à lui. ”
Paul Dubourg (1884)
“ La lettre de Paul nous fait assister à ces secrètes sollicitations de la grâce, et à la fidèle correspondance du jeune homme aux avances divines. Il lutte énergiquement contre les. pentes de la nature : il peut sentir les fumées de la vanité monter jusqu'à lui, mais jamais il n'en est enivré. Grâce à ce travail opiniâtre, il sort peu à peu de lui-même pour se jeter en Dieu, et il arrive un moment où il peut s'écrier : « Enfin, j'aime Dieu et la France! » Disons-le hautement à la gloire de l'huma- nité, ce qui fait le plus grand charme de ces épanchements ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Comme il n’avait pas autour de lui à ce moment sa brillante couronne de disciples, les détails de sa mort seraient restés inconnus ; plus tard, la légende y aurait suppléé en tenant compte, d’une part, de la qualité de citoyen romain que les Actes lui donnent, de l’autre, du désir qu’avait la conscience chrétienne d’opérer un rapprochement entre lui et Pierre. Certes, une mort obscure pour le fougueux apôtre a quelque chose qui nous sourit. Nous aimerions à rêver Paul sceptique, naufragé, abandonné, trahi par les siens, seul, atteint du désenchantement de la vieillesse ”
“ La vérité est que Paul ne voulait pas d’un titre dont son père n’avait jamais pu lui expliquer clairement l’origine, le grand-père de Paul étant un riche armateur de Nantes, fort roturier de naissance. M. Dufresny en agissait largement avec sa fortune. Quand on le faisait jouer, il jouait ; et, s’il perdait quelque argent, il n’y pensait guère. Ses chevaux étaient à tout le monde, et l’on ne pouvait pas dire qu’il eût rien à lui ; rien, pas même mademoiselle Florestine, coryphée de l’Opéra, qui l’honorait de son estime. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Saint Paul et son guide s’émeuvent et entonnent une prière que répètent tous les saints. La justice éternelle se laisse fléchir : elle accorde aux réprouvés l’interruption régulière de leurs souffrances. Chaque semaine, au jour du Seigneur, la trêve de Dieu s’étend sur ses ennemis. ”
Charles-François-Philibert Masson, Mémoires secrets sur la Russie… (1859)
“ Les gardes, cômposé d'hommes choisis, dont les officiers étaient tirés des Paul, comme grand-duc, haï et méprisé de sa mère , humilié par les favoris , ridiculisé par les courtisans, vivant solitaire et oublié sous un règne brillant et fastueux, conservant des mœurs régulières et austères au milieu de la corruption et des désordres de la cour de sa mère (1) , avait besoin de bien peu de vertu et d'amabilité pour se faire plaindre par les gens sensés et désirer - par le peuple. On aurait dû l'attendre comme un libérateur ”
Adolphe d' Avril,
Documents relatifs aux églises de l'Orient…
(1862)
“ Aussi saint Paul, ce grand zélateur du Christ, travaillat-il de toutes ses forces à imprimer cet amour dans les coeurs des fidèles, et il ne reclamait rien d'eux avec autant d'insistance que d'aimer lui et tous leurs chefs, et de s'aimer sincèrement les uns les autres. ”
François-Guillaume Ducray-Duminil, Paul, ou La ferme abandonnée. Tome 2 (1803)
“ Ce peu de mots rend à la marquise toute sa raison : elle craint qu'on ne de- vine son secret, et elle répond avec le plus grand sang-froid : Qu'en pourriez- vous conclure , commandeur ? ne savezvous pas que j'aime, que j'estime tout ce qui est bon, pur, vertueux ? Paul est un modèle de perfedions, suivant son état et son. éducation. Il est respectueux , soumis, reconnaissant ; il a le plus grand soin de son maître infirme , et il est bienfaisant !. Voyez seulement cette distribution qu'il a faite de son petit trésor ! N'est-ce pas là le fait d'une ame bien rare , dans ce siècle-ci ?. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Paul fut élève à Jérusalem, où il avait une sœur mariée, et suivit les leçons de Gamaliel, un des principaux membres du sanhédrin. Il apprit en même temps le métier de tisserand, suivant le précepte juif, qui voulait que tout docteur de la loi sût un métier pour gagner sa vie, précepte que les pharisiens, rigides observateurs des traditions, s’efforçaient de maintenir dans son intégrité. Dès sa jeunesse, le futur apôtre montra un caractère fougueux et se mêla activement aux ardentes querelles de la Synagogue. ”
Paul de Saint-Victor,
Victor Hugo
(1892)
“ En songeant à quel point c'est grand, l'âme innocente, Quand ma pensée au fond de l'infini s'absente, Je me dis, dans l'extase et dans l'effroi sacré, Que peut-être, là haut, il est, dans l'ignoré, Un Dieu supérieur aux dieux que nous rêvâmes Capable de donner des astres à des âmes. ”
Jean Paul,
Pensées de Jean-Paul
“ Cependant, flatteurs que nous sommes, nous donnons le nom de grand à des têtes couronnées, à des hommes de génie ! Les souffrances sont comme les nuées d’orage, elles paraissent noires de loin, et ne répandent qu’une obscurité légère lorsqu’elles planent au-dessus de nos têtes. Combien de songes lugubres nous présagent un avenir agréable ! Il en sera de même du songe de la vie lorsqu’il finira. Quelque douloureux que soient les adieux d’une amante, ils laissent après eux quelque douceur. Ceux d’un ami, au contraire, ne laissent que de l’amertume. ”
Emile Baumann, Saint Paul (1925)
“ Paul est le prophète de l’unité dernière.L’attente du « grand jour [483] » persiste chez lui, au fond de ses désirs, alors même qu’il paraît certain de ne point voir la Parousie. Il sait qu’au delà de la mort il sera bientôt avec le Christ. Mais son propre salut ne lui suffit pas. Il veut la conversion d’Israël, l’avènement du Juge, la fin des iniquités, la consommation de la paix. [483] II Tim. I, 18.Il est l’homme qui espère, il n’a pas enseigné théoriquement l’espérance. ”
P. Guérinet, Paul, ou les Dangers d'un caractère faible… (1839)
“ Paul marchait auprès de sa voilure, silencieux, intrigué, roulant son fouet 34 PAUL. entre ses doigts. Julien partageait sa surprise ; mais il était calme. Joseph suivait les deux jeunes gens, et se conformait à leur silence. Ils arrivent à la ferme. En entrant, ils aperçoivent une chaise de poste, un domestique en livrée et un conducteur en costume de postillon, médaille d'argent au bras, frac bleu, passe-poil et parements rouges, culotte de cuir de buffle, chapeau vernissé aux larges bords. — Oh! oh! s'écrie Paul, quel est le grand seigneur qui m'a fait manquer le déjeuner de Philippe? ”
Jean-Henri Schnitzler, La Russie en 1812. Rostopchine et Koutousof… (1863)
“ Oubliant l'inégalité des rangs, il saisit la main de Paul en lui disant, toujours en français : « Monseigneur, quel moment pour vous! » Le grand-duc répondit : « Attendez, mon cher, attendez ! J'ai vécu quarante-deux ans ; Dieu m'a soutenu ; peut-être me donnera-t-il les forces, la raison, pour supporter l'état auquel il me destine. J'espère tout de sa bonté ! » En disant cela, il remonta en traîneau, et à huit heures et demie il s'arrêtait au perron du Palais d'hiver.Il y avait foule dans cette splendide résidence. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Depuis la Renaissance, saint Paul est ordinairement représenté sous la figure d’un homme robuste, à l’air méditatif, tenant une épée et un livre ; il a ordinairement la barbe blanche et le front chauve ; mais quelques artistes lui donnent une barbe et une chevelure abondantes. ”
Charles-François-Philibert Masson, Mémoires secrets sur la Russie… (1859)
“ Le seul corps dont Paul avait vraiment à craindre., c'était les gardes. Dès longtemps , ces quatre nombreux régimsnts, commandés par la première noblesse de l'empire, nourrissaient une appréhension de voir régner le grand-duc, et regardaient son avènement comme le terme de leur existence. Paul même ne cachait pas son aversion pour eux; et la plus grande injure qu'il croyait dire à ses officiers, et même à ses soldats, pendant ses manœuvres de Gatschina et de Pawlowsky, c'était ces mots : Tu ne vaux rien que pour servir dans les gardes. ”
Albert Le Grand, La vie des saints de la Bretagne Armorique
“ IV. Ayant demeuré dix ans au Monastere de saint Hydultus, il se sentit puissamment touché du desir de vivre solitairement ; il en confera avec son Maistre, lequel, reconnoissant que ce desir venoit de Dieu, luy conseilla de poursuivre son dessein. Ainsi Paul prit congé de son Maistre & de ses condisciples, &, le quinziéme an de son âge, se retira en un lieu desert & écart, prés d’une métairie qui appartenoit à son Pere, &, s’estant associé douze personnages portez de mesme desir & intention, y édifia une petite Chappelle & treize petites Cellules, éloignées quelque peu l’une de l’autre ”
Pierre Grand, Tentative d'enlèvement des papiers politiques de l'ex-directeur Paul Barras… (1829)
“ En supposant que M. Barras eût eu l'honneur de correspondre avec Louis XVIII, les lettres 24 qu'il aurait reçues seraient sa propriété. De quel droit le ministre prétendrait-il les revendiquer? Sur quelle loi pourrait-il étayer une pareille réclamation. Des lettres autographes des rois adressées à des particuliers deviennent des titres de famille. Si nul n'a le droit de revendiquer ni de rechercher cette correspondance, elle n'a pu légitimer le scellé. ”
“ La Réforme ouvre pour saint Paul une ère nouvelle de gloire et d’autorité. Le catholicisme lui-même revient, par des études plus étendues que celles du moyen âge, à des vues assez justes sur l’apôtre des gentils. À partir du xvie siècle, le nom de Paul est partout. Mais la Réforme, qui a rendu tant de services à la science et à la raison, n’a pas su faire une légende. Rome, jetant un voile complaisant sur les rudesses de l’Épître aux Galates, élève Paul sur un piédestal presque égal à celui de Pierre. Paul n’en devient pas davantage le saint du peuple. ”
Paul Robert, Causes célèbres politiques depuis le 16e siècle jusqu'à nos jours (1846)
“ Cinq-Mars était un des plus beaux hommes de la cour; il joignait à cet avantagé beaucoup d'esprit, une humeur enjouée. Richelieu trouva le moyen de le faire remarquer du roi qui s'éprit d'une vive amitié pour. le jeune capitaine, et ne put bientôt se passer de lui. Il le nomma d'abord grand-maître de sa garderobe, puis grand-écuyer de France , et lui donna une pension de quinze cents écus à prendre sur sa cassette, faveur qu'il n'avait jamais accordée qu'aux personnes qui avaient été le plus avant dans ses bonnes grâces. ”
Albert Le Grand, La vie des saints de la Bretagne Armorique
“ Le Comte Guythure, desirant retenir saint Paul prés de soy, luy fit present de son Palais, avec toutes ses apartenances, & se retira en la ville d’Occismor, où il transfera sa Cour & ceda au Saint tous les revenus qu’il possedoit en l’Isle de Baaz, luy fit, de plus, présent d’un Livre d’Evangiles, qu’il avoit écrit de sa propre main, lequel se garde encore à présent au Thresor de l’Église Cathédrale de Leon, & Guillaume de Rochefort, Evesque de Leon, le fit couvrir d’argent doré, l’an 1352, avec apposition des Armes de Leon & de Rochefort. ”
HOMÉLIE CONTRE CEUX QUI ABUSENT DE CETTE PAROLE DE L’APÔTRE…
“ C’est que, s’il n’était souillé ni d’avarice ni de rapines, il avait laissé germer en son âme la vanité, l’arrogance, mère de tous les vices. C’est pourquoi Paul nous exhorte par ses paroles : Que chacun examine bien ses actions : il trouvera ainsi sa gloire en lui-même, et non dans les autres. (Gal. 6,4) Or, ce pharisien se fait l’accusateur du monde entier, et se prétend meilleur que tous les hommes. Se fût-il préféré à dix seulement, à cinq, à deux, à un seul, Dieu ne l’aurait pu souffrir. Or, non seulement il se préfère au monde entier, mais il accuse tous les hommes. ”
