Résumé

Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais Revue musicale - 30 avril 1873

N’ai-je pas sous la main l’opéra, l’oratorio, la cantate, la musique d’église ? Où la parole s’arrête, où les mots ne suffisent plus, commence la symphonie : expression suprême de tout ce que l’âme entend sourdre au plus profond de ses abîmes, rêves, désenchantemens, aspirations, illusions, orages. M. Richard Wagner aime, on le sait, à s’appuyer de cette neuvième symphonie par cette raison fort victorieuse, que c’est une symphonie avec chœurs, c’est-à-dire une œuvre proclamant la rupture de Beethoven avec les usages et les règles d’un art dont il aurait à jamais décrété la déchéance.
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Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais Revue musicale - 30 avril 1873

Le chœur ici n’a point d’autre raison d’être, il est le décor final, l’apothéose, il est la solution in extremis, c’est-à-dire un effet qui n’a rien de la théorie ni du système et qui néanmoins peut être sublime, mais sublime alors parce qu’il est absurde : quia absurdam. Ne nous y trompons pas, l’art a ses lois que nul impunément ne transgresse. La symphonie est une forme, la cantate en est une autre, et contre cela le génie même d’un Beethoven ne saurait prévaloir.
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Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais Revue musicale - 30 avril 1873

La voix de M. Léon Achard a toujours aisément monté, dans le trio de la Dame blanche, les la ne lui coûtaient rien. Cette voix, par le travail et l’habitude de la scène, a gagné en ampleur, en solidité ; le timbre reste ce qu’il était, il manque de charme et d’éclat ; mais tout ce que la science et la conscience d’un artiste laborieux et distingué ont pu faire pour élargir le son, donner du corps et de l’élasticité à cet organe, M. Achard l’a fait.
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