Résumé

Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais L’Africaine de Meyerbeer à l’Opéra

Scribe, dans l’acception littéraire du mot, n’exécutait pas : dans ses drames les mieux réussis du Théâtre-Français, le Verre d’eau, une Chaîne, un style impossible gâte souvent les meilleures scènes ; mais dans un opéra le drame ne vaut que par la conception, et, quant au style, le musicien se charge d’en avoir pour tout le monde. Ce n’est pas en vain qu’on dit : « le maître. » Qu’importent le vers, la prosodie ? Des élémens dont ailleurs vit la poésie, — images, nombre, rimes, — il fait un bûcher des cendres duquel, comme un phénix, la musique va naître.
Source : Wikisource

Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais L’Africaine de Meyerbeer à l’Opéra

Dans le duo de l’Africaine, Vasco de Gama n’obéit qu’au délire du moment ; son amour n’est qu’un élancement, une insolation : la pensée d’Inès ne l’a quitté que pour le ressaisir, et c’est de cette lutte, où les sens irrésistiblement vont triompher, que le musicien a tiré le motif, l’intérêt de son poème. — Comme dessin, couleur, juste disposition des voix et de l’orchestre, je n’imagine pas qu’on puisse rien citer de plus exquis. La mélodie, partout répandue à profusion dans le chef-d’œuvre, ici se vaporise en essence, en bouquet.
Source : Wikisource

Portrait de F. de Lagenevais F. de Lagenevais L’Africaine de Meyerbeer à l’Opéra

C’est le temps, ne l’oublions pas, qui fait les chefs-d’œuvre. Il faut qu’à leur esprit se mêle l’esprit d’une génération qui, les fréquentant, les expliquant, s’imprègne de leur vie et leur communique la sienne propre. On s’étonnera sans doute dans quinze ans que la partition de l’Africaine ait pu paraître obscure à bien des critiques, de même qu’aujourd’hui nous nous étonnons qu’un pareil blâme ait pu jadis être adressé aux Huguenots. Au reste, plus l’œuvre est magistrale, et moins elle échappe à cette destinée.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature