Georges G-Toudouze

Résumé

Georges G-Toudouze Revue des Deux Mondes

L’Allemagne républicaine a simplement adapté aux circonstances moins favorables le plan que l’Allemagne impériale avait échafaudé en utilisant des conditions excellentes et en escomptant des possibilités de victoire universelle. Les moyens d’action ont changé, les tracés sur la carte ont subi des modifications ; mais l’esprit directeur est resté le même, et le rêve germanique sur la navigation intérieure est demeuré identique à lui-même.
Rêve est même un terme très inexact en la circonstance, car, à vrai dire, ce n’est plus un rêve : les réalisations partielles sont commencées.
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Suivant ce plan, Hambourg allemand, Rotterdam vassale, Anvers germanisé, Dunkerque asservi par des moyens que l’on n’expliquait point, fussent devenus des bouches aspirantes vis-à-vis du commerce américain septentrional, ainsi appelé vers l’Europe centrale. Le Rhin et le Danube, largement aménagés, eussent constitué le corps central de ce réseau qui aurait englobé l’Elbe, le Main, le Neckar, — Strasbourg, avec son port, devenant une sorte de gigantesque « plaque tournante, » suivant une expression imagée, du Mittel-Europa.
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Ce grand système de canalisations, de canaux et de voies d’eau aménagées est ainsi destiné à isoler la Suisse de la France et de la Belgique, et à barrer tout chemin à la pénétration fluviale franco-belge. Il a pour but la mise en échec d’Anvers, et un coup terrible porté à Strasbourg redevenu français. Tant que Strasbourg demeurait allemand, les projets germaniques développaient la « plaque tournante » de Strasbourg ; du jour où Strasbourg retrouve sa place en France, la tactique allemande est de l’annihiler en la masquant.
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