Résumé

Gustave Pirard Inamovibilité de la magistrature et nécessité de la maintenir (1878)

Si même l'on en juge par le bruit qui se fait dans la presse autour de l'inamovibilité, il est impossible de ne pas se représenter, d'ici à quelques mois peut-être, la sécurité de la magistrature assise exposée aux plus rudes attaques. L'amour des réformes, les sollicitations des quémandeurs de places, les inimitiés des partis : voilà encore sans aucun doute autant
de motifs pour rapprocher le jour et l'heure, où il faudra défendre pied à pied ce qui, aux yeux d'un grand nombre, constitue la base fondamentale de toute organisation judiciaire sérieuse.
Source : Gallica

Gustave Pirard Inamovibilité de la magistrature et nécessité de la maintenir (1878)

La condition du plaideur étranger sera-t-elle la même que celle du plaideur domicilié? Et en supposant que cela soit, les parties et le public seront-ils toujours convaincus de l'impartialité du tribunal? Aujourd'hui l'on dit : un tel est riche ; ce n'est pas étonnant qu'il ait gagné son procès. Demain on dirait du plaideur victorieux : le juge lui paye le prix de son élection.
Et ceux qui veulent créer une pareille situation sont ceuxlà même qui accusent la magistrature de passions mauvaises
et la taxent d'injustice.
Source : Gallica

Gustave Pirard Inamovibilité de la magistrature et nécessité de la maintenir (1878)

Une bonne magistrature doit s'appuyer sur l'inamovibilité et la perpétuité des fonctions, cela est très-vrai ; mais, répond-on avec assurance, ce principe est incompatible avec le gouvernement républicain. Tout d'abord l'inamovibilité n'a pas de raison d'être ; car, sous ce régime, c'est la loi seule qui confère les pouvoirs, et il n'y a point d'autorité qui puisse détruire son ouvrage ; d'un autre côté, si les fonctionnaires étaient nommés à vie, l'habitude du pouvoir éveillerait leur ambition et la liberté serait en danger.
Source : Gallica

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