Résumé

Paul Lallemand Le recrutement des juges : thèse pour le doctorat (1936)

Mais nos hommes politiques, ne pouvant diviser la souveraineté dans son principe la divisent dans son objet ; ils la divisent en force et en volonté : en puissance législative et en puissance exécutive, en droit d'impôt, de justice et de guerre, en administration intérieure et en droit de traiter avec l'étranger ; tantôt ils confondent toutes ces parties et tantôt ils les séparent. Ils font du Souverain un être fantastique et formé de pièces rapportées ; c'est comme s'ils composaient l'homme de plusieurs corps, dont l'un aurait les yeux, l'autre les bras, l'autre les pieds et rien de plus.
Source : Gallica

Paul Lallemand Le recrutement des juges : thèse pour le doctorat (1936)

C'est un tableau trop charmant pour être vrai, il repose sur une conception trop optimiste de la nature humaine ; il suppose le peuple suivant les audiences et commentant les arrêts; le peuple a autre chose à faire; il suppose le peuple libre poussé d'instinct vers le juge capable et droit, il suppose le peuple sagement et impartialement éclairé par les journaux. En réalité le peuple est trompé. « Mentir aux électeurs, c'est l'affaire des candidats », dit justement M. André Tardieu.
Source : Gallica

Paul Lallemand Le recrutement des juges : thèse pour le doctorat (1936)

Rousseau a défendu une conception tout à fait opposée. Il commence par déclarer la souveraineté inaliénable : « Je dis que la souveraineté n'étant que l'exercice de la volonté générale ne peut jamais s'aliéner et que le souverain qui n'est qu'un être collectif ne peut être représenté que par lui-même ; le Pouvoir peut bien se transmettre, mais non pas la volonté... Si donc le peuple promet seulement d'obéir, il se dissout par cet acte, il perd sa qualité de peuple : à l'instant qu'il y a un maître il n'y a plus de souveraineté. »
Source : Gallica

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