Résumé

J.-F. Mestre Le juge unique en matière pénale… (1935)

Ruben de Couder ne disait-il pas du juge unique : « S'il est pauvre, on soupçonnera son désintéressement ; s'il est riche, on l'accusera d'ambition ; s'il est homme de mérite, on s'attaquera à ses ambitions légitimes. Il n'est pas d'honnêteté qui résiste au dénigrement et dans ce naufrage de l'homme... la justice ne tardera pas à voir sombrer sa propre considération ».
Nous voyons donc une sorte de choquante disproportion entre la faiblesse humaine et la toute puissance accordée au juge unique.
Source : Gallica

J.-F. Mestre Le juge unique en matière pénale… (1935)

Châtiment trop faible pour les uns, trop fort pour les autres que, loin d'éduquer, cette peine va contaminer dangereusement par suite de la promiscuité épouvantable de nos prisons. Si, avec le faible arsenal de notre vieux code pénal, les civilistes n'ont pas réussi à organiser la répression et n'arrivent en aucune manière à proportionner la peine avec la faute, comment peut-on espérer leur confier un jour des mesures de sûreté ayant le but, non de punir l'individu coupable d'une faute contre la société, mais de relever moralement ce délinquant, et de préparer son reclassement social ?
Source : Gallica

J.-F. Mestre Le juge unique en matière pénale… (1935)

Au contraire, la liberté est un bien si précieux qu'il est difficile d'en laisser l'arbitraire à un juge dans un but purement répressif. Il est rare que la prison n'attaque pas l'honneur de l'individu qui y rentre pour une durée quelconque et aussi courte qu'elle soit. Aussi le législateur est obligé de limiter étrangement cette durée possible pour éviter que l'honneur du coupable ne soit atteint. Et comme il est toujours grave de toucher à l'honneur d'un individu même coupable, le juge hésitera à prononcer la peine de prison pour une faute peu grave.
Source : Gallica

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