Gustave de Parseval-Deschesnes

Résumé

Gustave de Parseval-Deschesnes Deux épaves (1883)

Non, tout ceci n'est qu'un rêve ; la tombe ne nous rend pas ceux qu'elle nous a enlevés. Les temps sont bien changés, et cependant la réalité m'a pour un moment rendu l'illusion du passé.
Le rideau de verdure d'une des fenêtres s'est vivement entr'ouvert à mon approche (je n'étais pas attendu) sous l'effort d'une main preste; une tête s'est montrée, un regard vif et rapide a traversé l'espace, puis un cri joyeux a retenti. Des pas légers ont descendu les marches, traversé les corridors mystérieux, et Navah est accourue au-devant de moi.
Source : Gallica

Gustave de Parseval-Deschesnes Deux épaves (1883)

Ce que je vais dire paraîtra peut-être singulier : je ne puis prendre sur moi de considérer Navah comme une femme. L'effet que je produis sur elle est identique, je le parierais. Certes, je suis loin de prétendre qu'elle ne saurait exciter l'amour, mais je n'y ai jamais songé ; les pensées qu'elle m'inspire sont d'un ordre tout différent. D'ailleurs, autant le dire tout de suite, elle n'est pas jolie.
C'est une de ces personnes douées à un degré si éminent de la beauté morale, qu'elles n'ont aucun besoin de celle du corps, et que nul n'a l'idée de la leur demander.
Source : Gallica

Gustave de Parseval-Deschesnes Deux épaves (1883)

Julienne et M. de Couturier n'eurent pas même un souvenir. Elle n'avait pas le loisir de songer à eux. Ils auraient leur tour plus tard. En ce moment, elle seule, c'était assez pour l'absorber. C'était même trop, elle ne suffisait pas à contenir le développement soudain de ta personnalité.
Au-dessous d'elle, dans l'ombre, un bruit léger la rappela tout à coup à la réalité présente. Le sable de l'allée criait sous les pas d'un homme. Elle regarda et reconnut M. de Berlerault, sortant de la maison, qui longeait les massifs voisins.
Source : Gallica

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