Henri Delaborde

Henri Delaborde

Résumé

Portrait de Henri Delaborde Henri Delaborde Le Salon de 1861

Les contours des bras, du torse, des jambes, le modelé faible ou effacé du tout, ne permettent pas de répondre affirmativement. Le coloris a-t-il ce qui manque au dessin en vérité ou en force ? Il n’est harmonieux qu’à la condition de dépouiller chaque ton de la valeur qui lui est propre et de délayer l’apparence des chairs, de l’ajustement, du paysage, dans une sorte de lavis dont l’uniformité n’est rompue que par l’épaisseur inégale des couches, par les égratignures de la brosse, par les petits artifices de la pratique et de l’outil.
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Portrait de Henri Delaborde Henri Delaborde Le Salon de 1861

Nulle gentillesse dans l’expression compromettant la majesté nécessaire de la forme, nulle inertie non plus, nulle fausse grandeur où la vie s’anéantisse, où la vérité se dérobe. Les traits du visage, pensifs et attristés sans grimace, sont exempts aussi de cette régularité impassible dont on a coutume de faire l’enseigne d’un goût sévère ou le masque officiel de la beauté. Dans les contours et dans le dessin intérieur du corps, même discernement, même adresse savante à combiner l’étude de la nature avec la mémoire des grands monumens de l’art.
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Portrait de Henri Delaborde Henri Delaborde Le Salon de 1861

Si le crayon résumait en quelques traits cette belle composition, la grandeur de la donnée et l’harmonie des formes générales permettraient de croire au premier aspect qu’elle émane de la main d’un maître. À la voir telle que M. de Chavannes l’a peinte, on sent qu’elle est l’œuvre d’un talent bien intentionné, mais mal approvisionné encore, que l’artifice y supplée souvent à la science, la vérité de surface à l’intime expression du vrai, et que le goût d’exécution succincte dans lequel chaque morceau est traité tient moins à la sobriété du style qu’à l’insuffisance du pinceau.
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