Jean-Louis Dubut de Laforest

Jean-Louis Dubut de Laforest

Résumé

Portrait de Jean-Louis Dubut de Laforest Jean-Louis Dubut de Laforest Un Américain de Paris, par Dubut de Laforest (1884)

Je suis mère, Pierre Ténard.
L'émotion contre laquelle Marguerite luttait était trop vive. L'exaltation la secoua encore dans une sorte de délire :
– Oh ! oui, je tiendrai mon serment. Je serai l'ange gardien de mon fils. Quand il passera dans sa belle voiture, il ne songera pas qu'une femme prie pour lui. Mon coeur déborde d'amour. Pierre, je ne te hais plus. Je l'aime, lui, de toute mon âme. Le jour de son mariage, je me mêlerai à la foule des mendiants qui encombrent le porche de l'église, et, lorsqu'il viendra à moi, souriant et béni, mon coeur battra bien fort
Source : Gallica

Portrait de Jean-Louis Dubut de Laforest Jean-Louis Dubut de Laforest Un Américain de Paris, par Dubut de Laforest (1884)

Mère, il me faudrait ne plus revoir ceux qui m'ont reçu tout petit ; il me faudrait laisser mourir de honte et de douleur ma douce fiancée. Je ne le puis pas. Je me trouve déjà trop vieux pour accomplir ces choses. Il fallait que mon père s'y prît plus tôt. L'enfant a grandi. Sans doute, s'il eût vécu longtemps au milieu du monde dans lequel on l'a précipité, il aurait fait fi de ce que l'on appelle ses préjugés de paysan. Son coeur se serait façonné au contact des forts, et il aurait appris à étouffer les sentiments généreux qui dans ce moment l'étouffent lui-même.
Source : Gallica

Portrait de Jean-Louis Dubut de Laforest Jean-Louis Dubut de Laforest Un Américain de Paris, par Dubut de Laforest (1884)

A ce Pierre Ténard – à cet Américain de Paris, faisant le mal pour le mal, sans désordres intellectuels apparents – j'ai opposé deux enfants issus de lui, à des époques différentes de son existence : un fils aîné grandi loin de son père, une nature primitive fortement armée, assez robuste pour lutter pied à pied contre celui qui voulait la façonner à sa guise ; un enfant malade, difforme, presque fou, paraissant porter les germes d'une hérédité fatale tant qu'il subit le contact du père, et retrouvant raison et santé, le fascinateur disparu.
Source : Gallica

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