Jean de La Rocca

Résumé

Jean de La Rocca Le roi Murat et ses derniers jours (1868)

Le roi, profondément touché d'un semblable accueil, ouvrit les bras au courtisan du malheur, et après l'y avoir serré avec effusion : — Je viens, dit-il, mon fidèle ami, vous demander l'hospitalité. Pouvez-vous me l'offrir? Je m'abandonne à vous.
Fier et charmé de cette marque de haute confiance :- — Sire, répondit le général, que son émotion dominait malgré lui, dès ce moment ma fortune, mon sang, ma vie vous appartiennent, et tous les membres de ma famille sont prêts à se dévouer comme moi. Maintenant, sire, prenez un repos dont vous semblez avoir le plus pressant besoin.
Source : Gallica

Jean de La Rocca Le roi Murat et ses derniers jours (1868)

Nous sommes tous à vos ordres, Sire, quand partons-nous ?
— Ce soir, à minuit, répondit Joachim.
— Bien, Sire. Personne ne manquera à l'appel.
L'exactitude et la fidélité à tenir la parole donnée sont en Corse des vertus héréditaires. Nous sommes peu nombreux, mais tous bien décidés à vaincre ou à mourir.
— Je vous connais, général, et vous apprécie comme vous méritez. Nul n'a avec plus de zèle accompli son devoir, donné à son pays et à ma personne des gages de dévouement plus sincères.
Source : Gallica

Jean de La Rocca Le roi Murat et ses derniers jours (1868)

Je leur ai fait trop de bien pour cela; et les peuples en masse sont rarement ingrats. Il est impossible que ma voix sur cette côte n'éveille pas d'échos.
Et pendant ce colloque, la felouque filait rapide vers le port de Pizzo.
Les témoins de cette scène dramatique étaient profondément émus et les cœurs battaient à rompre les poitrines. Murât, dont l'audace grandissait toujours à l'heure du danger, la lèvre frémissante, l'œil en feu, saisit son épée, et comme un éclair, la faisant jaillir du fourreau : — Voici l'heure, messieurs; il n'y a plus à reculer, ni à s'en dédire.
Source : Gallica

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