Jules Sandeau

Jules Sandeau

Fernand (1844)

Résumé

Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Fernand (1844)

Il est impossible qu'on ne finisse pas par aimer l'être auquel on se dévoue; du moins on aime son propre dévouement, et c'est assez.
Depuis que j'ai compris mes devoirs et que je m'y soumets sans arrière-pensée, je me sens mieux avec moi-même, et je recueille déjà les fruits de ma résolution. Je suis mort au bonheur, mais le bonheur, n'est pas une condition d'existence ; c'est même une chose assez peu commune pour qu'on se résigne à ne le point avoir. Adieu donc, et pour toujours adieu, rêves charmants que je viens d'ensevelir !
Source : Gallica

Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Fernand (1844)

Il n'entre ni dans mes goûts ni dans mes principes d'accepter des sacrifices de la nature de ceux que vous m'offrez trop généreusement ; mon coeur n'est point assez riche pour les reconnaître, et je ne sens en moi ni la passion ni l'entraînement qui excusent et légitiment de si étranges entreprises. Vous l'avez dit, nous allons partir; je vais vous reconduire à votre maison d'Auteuil. Rassurez-vous pourtant; mon projet n'est pas de vous abandonner lâchement dans la position périlleuse où votre imprudence nous a jetés tous deux. Si je forfais à l'amour, je ne faudrai point à l'honneur.
Source : Gallica

Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Fernand (1844)

Tu ne sais pas, toi, de quel amour on se prend à l'aimer, et combien cet amour, à l'encontre de quelques autres, est sain au coeur et à l'esprit! Le soir, je monte à cheval, et la journée s'achève à Mondeberre. Là, on cause, on lit, on parle de ce qu'on a lu ; quelque vieux gentilhomme du voisinage vient se mêler à l'entretien. Mademoiselle de Mondeberre se met au piano et chante ; on va s'asseoir sur le banc de pierre, sous les touffes de lilas et de faux ébéniers, ou bien si la soirée est belle, on fait atteler la calèche, et l'on gagne Mortagne ou Tiffauges.
Source : Gallica

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