La Mothe Le Vayer

Résumé

La Mothe Le Vayer Œuvres (1756)

Remarquons y, qu’il n’est pas vrai, que tout desir de gloire & d’honneur soit un vice, comme le prétendent ceux, qui sont de l’avis, que nous refutons ; n’y aiant que l’ambition démesurée, qui soit condamnanble, & non pas le desir reglé d’une honnête gloire. Observons y encore la fausseté de cette autre maxime qu’ils defendent, que c’est un crime de suivre la vertu, à cause d’elle-même. Sans doute qu’ils n’ont pas considéré, que dans Saint Augustin la vertu n’est rien autre chose que l’amour de Dieu.
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La Mothe Le Vayer Œuvres (1756)

Je n’ai jamais ouï que pas un de ceux qui recognoissent les actions morales des Païens pour bonnes, eût assez de témérité pour assurer qu’elles soient suffisantes au bonheur de la vie éternelle. Il n’y a que le sang du fils de Dieu qui montre jusques là. Tout ce qui fait l’homme hors du secours de sa Grace, ne sont que de foibles élans qui ne l’élèvent pas de la Terre. Si la Vertu Morale separée de cette assistance le peut sauver, pourquoi veut-on qu’elle le danne ?
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La Mothe Le Vayer Œuvres (1756)

C’est pourquoi comme les Fideles ne se laissent pas d’être assez souvent vicieux, il n’est pas impossible non plus, qu’un Infidele ne puisse exercer quelques vertus, quoiqu’elles ne soient pas accompagnées du mérite, que donne la grace qui vient de la Foi. Aussi n’y a-t-il eu aucun des Peres de l’Eglise qui ait fait difficulté de parler, quand l’occasion s’en est présentée, de la prudence d’Ulysse, de la force d’Achille, de la justice d’Aristide, ou de la temperance de Scipion.
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