La Revue blanche

Résumé

La Revue blanche Enquête sur la Commune

Mais l’insurrection de 1871 paraît bien n’être qu’un épisode de la grande lutte engagée de nos jours entre le peuple et la bourgeoisie. Elle a élargi et rendu sensible aux plus aveugles le fossé profond qui sépare deux classes, représentant deux régimes inconciliables ; et la conséquence la plus grave de la Commune, c’est peut-être ce fait, de plus en plus visible que partout les groupes intermédiaires s’effacent pour laisser aux prises deux grands partis, voulant l’un conserver, l’autre changer la base économique de la société actuelle.
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La Revue blanche Enquête sur la Commune

L’insurrection de 1871 restera, quoi qu’on fasse, l’un des plus nobles mouvements de l’âme humaine. Jamais gouvernement, — si l’on peut dire que celui de la Commune en fut un, — n’a eu à sa disposition une somme pareille d’intelligence, de savoir, de dévouement. La décision seule manqua parmi ces hommes qui, tous, ou à peu près, surent mourir. D’organisation, il n’y en eut jamais : un bataillon obtenait un ordre de l’Hôtel de Ville, puis se débrouillait sans qu’on s’en occupât autrement.
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La Revue blanche Enquête sur la Commune

Versailles s’en souciait fort peu, les otages sérieux étaient hors d’atteinte ; mais elle avait le cadastre, le bureau des hypothèques, les officines des notaires, tout ce qui régularise la propriété bourgeoise ; si, au lieu de menacer, la Commune avait fait flamber toute la paperasse, s’était emparée de la Banque, les mêmes bourgeois qui insultaient les fédérés prisonniers auraient forcé Thiers à leur venir faire des excuses.
C’est que, en révolution, la légalité est non seulement une blague mais une entrave, elle ne peut servir que les partisans de l’ordre de choses que l’on veut détruire.
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