Résumé

Le 25 mai à l'avenue d'Italie… (1871)

Comme M. Desfosse reparaissait à la tête de sa compagnie, une de leurs balles le frappa en pleine figure, et l'étendit raide mort. A son tour, M. Bénon tombe un peu plus loin.
Je n'ai connu ces deux hommes qu'au service de la Commune, mais n'y avait-il pas en eux les qualités qui font les grands coeurs? Le dernier acte de leur vie a été une oeuvre de justice et d'humanité. Dieu, notre juge, l'aura apprécié, j'en ai la confiance, et cet espoir est le seul adoucissement que je puisse apporter à mes regrets. M. Desfosse, on l'a vu, m'a fait lire dans son âme.
Source : Gallica

Le 25 mai à l'avenue d'Italie… (1871)

Deux voyous s'approchent ; l'un me donne des cartouches, l'autre des capsules, et tout un flot de ces misérables me pousse vers la barricade de l'avenue d'Italie, en face de la mairie.
Chemin faisant, on se fait un plaisir de me montrer les cadavres des martyrs d'Arcueil. Pour satisfaire la curiosité de la foule, on les avait disséminés sur toute l'avenue d'Italie. Ainsi chacun pouvait les contempler et les profaner tout à son aise. Je vis des choses horribles.
Source : Gallica

Le 25 mai à l'avenue d'Italie… (1871)

A la vue de ce cadavre, il me sembla que mon coeur se changeait en marbre : je n'éprouvai que de l'horreur et du mépris. Je promenai mes regards sur ce monde d'assassins, et, ce qui me fil le plus de mal, ce fut la foule qui les entourait. Il y avait là plusieurs milliers de spectateurs, et les femmes y étaient bien plus nombreuses que les hommes. Les dangers de la guerre les avaient fait, dès le matin, descendre dans les caves ; l'attrait du massacre des prisonniers les en avait fait sortir. J'ai su depuis que cette masse immonde avait insulté les victimes et encouragé les assassins.
Source : Gallica

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