Louis-Auguste Rogeard

Louis-Auguste Rogeard

Résumé

Portrait de Louis-Auguste Rogeard Louis-Auguste Rogeard,  Les propos de Labienus (1865)

“ Le livre de César, c'est la toilette du condamné, c'est le salut du supplicié à la foule, en marchant au supplice. C'est la coquetterie du dernier jour. César était si sale, que le bourreau n'en eût pas voulu ; il se débarbouille un peu, pour embrasser la mort. Et il demande des lecteurs ! l'insolent ! des lecteurs pour César ! à quoi bon ! Il ose, dans une préface, adresser des questions aux lecteurs; mais c'est le licteur qui répondra. —En attendant cette réponse, je vais lire les Mémoires d'Auguste. — Et moi, répondit Labiénus, je vais relire les Libelles de Cassius. ”
Source : Gallica

Portrait de Louis-Auguste Rogeard Louis-Auguste Rogeard,  Les propos de Labienus (1865)

“ C'est le coup d'État dans la morale, la création du désordre, l'injustice systématisée, l'organisation du mal, la promulgation du non-droit, la proscription de la vérité, la défaite définitive de la raison publique, la déroute générale des idées, une bataille d'Actium intellectuelle. C'est le vrai couronnement d'un édifice de scélératesse et d'infamie, c'est aussi le seul possible. Le livre d'Auguste, c'est sa vie érigée en exemple, c'est son ambition innocentée, c'est sa volonté formulée en loi, c'est le code des malfaiteurs, la bible des coquins ”
Source : Gallica

Portrait de Louis-Auguste Rogeard Louis-Auguste Rogeard,  Les propos de Labienus (1865)

“ Auguste en est là ; ce buveur de sang n'a plus qu'une soif, celle des louanges ; ce voleur de l'empire du monde ne veut plus voler qu'une chose : sa réhabilitation. Mais il tente l'impossible. L'effort impuissant et désespéré qu'il fait pour sauver quelques débris de sa réputation naufragée, cet effort suprême pour raccrocher son honneur à une dernière branche qui va casser, cette dernière lutte de César avec l'opinion qui l'écrase, a je ne sais quoi de lugubre et de comique, comme la dernière grimace d'un pendu, ou comme le sourire du gladiateur, qui veut mourir avec grâce. ”
Source : Gallica

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