Pierre Louÿs,
Poésies. Premiers vers, Astarté Chrysis…
(1930)
“ Un soir, deux éclaireurs envoyés par Sulla, Dans le val le plus noir des monts Acrocéraunes, Débusquèrent de l'herbe, entre deux buissons d'aulnes, Un satyre affolé qui s'était blotti là. Il voulut fuir, grimper, bondir : on l'accula... En guerre chez les dieux, Rome traquait les faunes. On traîna celui-ci devant les Aigles jaunes, Et le vieux conquérant lui-même lui parla. Il demanda son nom, sa nocturne origine, S'il était bien de ceux que le pâtre imagine Sous les flots verts des bois... ”
