Léon Cladel

Léon Cladel

Résumé

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel Petits cahiers (1879)

Entendant tout, n'écoutant rien, nous entrons seuls dans la fournaise. Un étroit corridor est par nous sans encombre franchi, mais la fumée nous aveugle et l'escalier carbonisé que nous montons se gerce et craque sous nos pas. O misère !... A peine étions-nous sur le palier du premier étage où des pompes jouaient, tout croûle et je tombe au fond d'une espèce de cave entre deux grosses poutres fumantes, sous un tas de plâtras, presque
étouffé, tandis que non loin de là, mon père, mon vrai père, s'abîme au coeur d'un brasier, rouge comme le sang.
Source : Gallica

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel Petits cahiers (1879)

Il était trois ou quatre heures de relevée ; un vif soleil automnal épandait indifféremment ses rougeâtres rayons divergents sur les riches mausolées qui protégeront toujours les ossements des mondains qui naguère étaient quelqu'un, et sur la fosse commune où pèle-mêle, gisent provisoirement les reliques des humbles qui ne furent personne ici-bas. L'égalité pour qui tant de héros sombrèrent, ne règne pas même là !
Source : Gallica

Portrait de Léon Cladel Léon Cladel Petits cahiers (1879)

Amasser, épargner, s'arrondir au détriment même de leur santé, voilà l'unique préoccupation qui les hante, quelles que soient les conjonctures ou la saison. Hors de là, pour ces bonnes âmes, point de salut ; et c'est pourquoi tout ce qui les entoure et les sert souffre de leur invincible lésine, au foyer comme à l'étable, au chenil ainsi qu'en la basse-cour et du fond d'icelle au faîte du colombier.
Source : Gallica

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