Résumé

M.-L. Gagneur Le Calvaire des Femmes

«Reste avec nous, dit Fossette.
—C'est cela, mademoiselle, restez avec nous, répéta Robiquet. Mlle Fossette m'a volé cette idée-là. Voilà plus d'une heure que je la rumine sans oser vous la dire. Vous êtes un peu malade, nous aurons bien soin de vous. Il n'y a que les pauvres, voyez-vous, pour s'aimer et s'aider entre eux. Là-bas, tout ce beau monde vous laisserait mourir sans vous offrir seulement un bol de tisane. Et puis nous sommes si malheureux de votre départ!»
Geneviève restait rêveuse, indécise; Claudine, Fossette et Robiquet insistaient.
Source : Gutenberg

M.-L. Gagneur Le Calvaire des Femmes

Oui, oui, c'est cela! libre, dit Barnolf avec sarcasme, libre! Est-ce qu'on est libre, quand on aime? Mais je comprends: vous préférez votre liberté. Vous voulez être libre d'aimer M. Robiquet, ouvrier chapelier, et d'autres peut-être de même acabit?»
Fossette pâlit. Elle hésita; et M. de Barnolf la regardait en cet instant avec une expression si haineuse qu'elle crut de sa dignité de le braver.
«M. Robiquet, ouvrier chapelier, répondit-elle, a cent fois plus de cœur et de vraie noblesse que M. Léopold de Barnolf. Il n'insulterait pas une femme.»
Source : Gutenberg

M.-L. Gagneur Le Calvaire des Femmes

Ce qui vous manque, Lionel, c'est un peu d'imprévu. La passion vraie ne se sert pas d'expressions aussi polies, aussi gracieuses. Me trompé-je? Hélas! je ne demande qu'à me tromper.
—Enfant! vous savez bien ce qu'est pour vous, au fond du cœur, votre Lionel. Vous savez bien que vous occupez sans cesse ma pensée; que toujours je maudis l'instant qui nous sépare, et que, loin de vous, je n'aspire qu'à celui qui doit nous réunir.
—Tiens! s'écria Lucrèce avec un éclat de rire mutin aussi frais que celui d'une jeune fille, voilà une musique qui aujourd'hui se trouve dans mes cordes.
Source : Gutenberg

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