Maurice Gandolphe

Résumé

Maurice Gandolphe Revue des Deux Mondes

Dans l’intime solidarité qui lie les Alliés, nul avantage n’est individuel, et chacun ajoute à l’honneur commun les faveurs personnelles qu’il a su rallier. Et c’est avec une fierté reconnaissante que j’évoque l’inlassable, le vibrant hommage que le peuple des Pays-Bas rend à notre nation en armes. Sans doute, l’attraction de notre libéralisme, l’intime connaissance de notre esprit ont accoutumé les Hollandais à n’attendre de France que des formes aimables de la pensée et de l’art.
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Maurice Gandolphe Revue des Deux Mondes

Cet aveu d’un simple, ce premier aveu recueilli dans la sincérité de l’émoi populaire restera la plus exacte définition de l’angoisse qui pèse sur la Hollande pacifique, également défiante des agresseurs et des sauveteurs dont elle suspecte les desseins, dont elle voit les forces si proches : si l’Angleterre gronde, on redoute les offres expansives de l’Allemagne ; quand l’Allemagne torpille, on s’inquiète, d’abord, d’une éventuelle sollicitude des Alliés.
Le Hollandais veut être seul ; ce peuple de généreuse hospitalité souhaite une politique peu sociable.
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Le libéralisme de l’hospitalité hollandaise est plus sensible encore à l’égard de cet état-major de réfugiés, — professeurs, artistes, écrivains, — qui reconstitue bravement à Amsterdam et à La Haye tout ce qui peut, à l’étranger, survivre d’une existence nationale : orateurs et journaux gardent toute liberté d’allures, et on sait avec quelle verve ardente les Belges mènent leurs polémiques. Les Hollandais en suivent le développement avec un flegme parfois un peu déconcerté, mais l’hospitalité reste pour ces neutres le premier devoir. Ni la Belgique ni ses Alliés ne l’oublieront.
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