Pierre Lasserre

Pierre Lasserre

Résumé

Portrait de Pierre Lasserre Pierre Lasserre La statue volée : méditations (1927)

Je n'avais pas besoin de cette expérience pour savoir qu'il n'y a pas d'action innocente, et qu'agir, c'est nuire ou détruire. Dès que j'ai commencé d'agir, je suis devenu malfaisant. » Il est vrai que nous le savons d'ailleurs « d'une maladresse qui égalait, pour l'exactitude et la sûreté de ses résultats, l'adresse la plus exercée ». Mais peu importe : je voulais montrer que l'espèce de nihilisme opportuniste de M. Bergeret n'est pas jeu d'esprit, mais tient à la bonté du cœur. Il trouve la gloire digne de malédiction parce qu'elle fait des victimes.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Lasserre Pierre Lasserre La statue volée : méditations (1927)

Mais cette vertu de femme : la fidélité, aurait-elle du charme dans un cœur qui en secret ne la dément pas ? Ainsi songe la comtesse alanguie dans son fauteuil. Sa plainte n'a pas le pathétique violent et court d'une douleur individuelle. C'est plutôt le pathétique d'une saison, fille du soleil comme toutes les saisons, et qui, dans ses deuils, comme dans ses espérances, donne à une âme juste son père à vénérer. Et, avec cette science trop mûrie de la destinée et ce deuil des passions, c'est cependant la jeune, la naïve Rosine.
Source : Gallica

Portrait de Pierre Lasserre Pierre Lasserre La statue volée : méditations (1927)

La nature est partout, et par toutes les journées, si belle à celui qui l'aime qu'il se reproche parfois les heures où il ne l'a pas regardée. Et pourtant, travaille ! Ferme tes rideaux et dévore les jours du printemps à forger la pensée abstraite que tu laisseras comme un outil aux générations futures. Connais la dure joie de renoncer à la sortie espérée le soir, parmi les effluves des lilas, la grâce hâtive des jeunes filles, dans la douce beauté des rues, parce que le problème non résolu te tient d'une âpre prise.
Source : Gallica

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