René Crevel

Résumé

René Crevel Feuilles éparses

Certaine sensation d’âme trop bien enracinée pour que j’en puisse triompher, me force à confondre vie et vérité. Si la mort existe (la mort que les esprits forts ont, de tout temps assimilée au néant) , elle m’apparaît illogique. Certaine forme d’activité me semblant dénuée de raison valable, nul ne s’étonnera donc de me la voir, je le répète, considérer comme une forme de la mort. L’agitation emprisonne le corps, l’intelligence. Qu’on parle de filet ou de murs, le corps et l’intelligence sont emprisonnés, voilà le fait.
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René Crevel Feuilles éparses

Avant que la nuit ne tombe... j’ai songé à t’appeler, dégoût... mais Tzara ne va pas laisser s’arrêter, se figer sa pensée au point le plus tragique de son mouvement. Et, du reste, la sérénité du volcan ne se juge pas. Le desespéranto final va, de sa lave, rallumer l’univers. Rêve, réalité se trouvent entraînés, mêlés, fondus. Le mouvement brasse les objets, les êtres, et ne les décompose que pour les recomposer, au gré de lois bouleversantes et imprévisibles. À la moindre brindille, c’est la surprise d’un merveilleux familier.
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René Crevel Feuilles éparses

Seule cette sensation permet d’accepter la plus vraisemblablement juste et définitive des solutions, le suicide.
N’est vraisemblablement juste ni définitif aucun amour, aucune haine. Mais l’estime où bien malgré moi et en dépit d’une despotique éducation morale et religieuse, je suis forcé de tenir quiconque n’a pas eu peur, et n’a point donné son élan, l’élan mortel, chaque jour m’amène à envier davantage ceux dont l’angoisse fut si forte qu’ils ne purent continuer d’accepter les divertissements épisodiques.
Les réussites humaines sont monnaie de singe, graisse de chevaux de bois.
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