“ À cause de cette naïveté dans la confession, beaucoup ont mis en doute la foi de Max Jacob ; on l’aime comme un paradis à la Charlot ; les grandes personnes ne veulent pas avoir l’air d’y croire. À vrai dire cette mysticité quotidienne, qui met dans la vie ce qui pour l’ordinaire se laisse dans les temples, déçoit un peu. On s’attend à quelque concert grave, or, au lieu de choisir l’orgue, Max Jacob s’accompagne sur la guitare, le piano mécanique et le banjo. ”
Max Jacob
Définition et enjeux
Max Jacob, poète, romancier, peintre et critique français (1876-1944), incarne une figure centrale de l'avant-garde parisienne. Précurseur du surréalisme sans s'y engager, il allie vers libre, mysticisme et engagement artistique, influençant des cercles comme celui de l'École de Rochefort.
René Crevel souligne son côté "paradis à la Charlot", tandis que Jacques Rivière critique sa tension entre "s'extérioriser" et "se déformer". Son œuvre, oscillant entre la légèreté burlesque et une profondeur spirituelle, révèle une quête d'émotion artistique à travers une "situation" distanciée. Son parcours, marqué par une conversion catholique et une fin tragique en 1944, en fait un témoin unique de l'art et de la résistance.
Citations sur “Max Jacob”
Jacques Rivière,
La Nouvelle Revue Française
“ Le mot de Max Jacob : « s’extérioriser par des moyens choisis », les Dadas nous font voir qu’il implique une contradiction formelle. Choisir ses moyens, ce n’est plus s’extérioriser qu’imparfaitement, c’est se déformer, c’est mentir à soi-même. L’œuvre d’art, ce « bijou » qu’évoque Jacob et à la concrétion duquel il prétend donner tous ses soins, est forcément restrictive de la personnalité. Pour qui donc prit une fois comme idéal sa propre parfaite expansion, le moment doit venir où l’œuvre d'art, où l’œuvre simplement, apparaît inacceptable, intolérable, à fuir. ”
“ Certains auteurs écrivent pour se délivrer d'eux-mêmes ; d'autres semblent ne se séparer jamais de leur œuvre qui les imite et les épouse comme une ombre. Max Jacob est drapé dans sa légende comme un dieu dans son nuage. Chacun de ses livres est un portrait nouveau, toujours ressemblant. ”
Bibliothèque nationale, Enrichissements de la Bibliothèque nationale de 1945 à 1960… (1960)
“ Edition originale tirée à 535 exemplaires. Dédié à son ami Pierre Reverdy, ce recueil illustre l'aspect mystique de l'oeuvre de Max Jacob (1876-1944) : « Carême 1922 : Des flammes en cercle autour d'un poteau, il fait nuit. Un homme noir et suant est au poteau, ses pieds sont dans les flammes. Il n'y a pas de doute, cet homme, hélas! c'est moi. Je n'ai que trop mérité ce supplice. » ”
“ Max Jacob sait attacher et séduire un lecteur ; d'un fait divers sans importance, il dégage un petit drame psychologique. La souplesse de son style, l'élégance — parfois un peu trop recher- chée de son écriture, le don qu'il a d'observer des détails pitto- resques, « uniques » parce qu'il les rend tels, font de lui un écrivain singulier, et de son œuvre, presque aussi surprenante que celle de Restit de la Bretonne, une exception à la règle littéraire — sans parallèle, car l'originalité de Max Jacob le pré- serve de toute évocation précise. ”
Bibliothèque nationale, En français dans le texte : dix siècles de lumières par le livre (1990)
“ Max Jacob y est revenu constamment, en 1922 dans son Art poétique, et jusque dans un de ses derniers écrits, Conseils à un jeune poète (1942) , aussi bien que dans sa correspondance. Un mot surtout y suscite la réflexion : « situation » ; l'oeuvre d'art doit être « située », par quoi Max Jacob veut signifier que le poète doit établir entre l'oeuvre et son lecteur une distance, un éloignement qui sont la condition nécessaire de l'émotion artistique. ”
Friedrich Max Müller,
La science du langage : cours professé à l'Institution royale de la Grande-Bretagne en l'année 1861…
(1867)
“ Imprimée pour la première fois dans la Bible rabbinique. Venise, 1525. (3) Renan, IV, 1 ; § 3. 356 LEÇONS SUR LA SCIENCE DU LANGAGE. donna au monceau de pierres qui devait être le monument de son alliance avec Jacob, Jegar-sahadutha, est syriaque, tandis que Galeed, le nom donné par Jacob, est hébreu. Si nous devons jamais connaître cette ancienne littérature babylonienne, ce sera nécessairement par les inscriptions cunéiformes qui ont été dernièrement rapportées de Babylone et de Ninive. Elles sont évidemment écrites dans une langue sémitique ”
Max Jacob,
Le Laboratoire central
“ Et les chansons des émigrants ! Où sont les refrains d’autres temps Que l’on a chanté tant et tant ? Où sont les filles aux belles dents Qui l’amour par les chants retiennent ? Et mes chansons ? qu’il m’en souvienne ! ”
Max Jacob,
Le Laboratoire central
“ Leur apportaient à tous les objets nécessaires. Un jour on eut un orgue au creux des murs crépis Des troupeaux de moutons qui mordaient les épis. Un moine est bourrelier, l’autre est distillateur ; Le dimanche après vêpre on herborise en chœur. ”
Max Jacob,
Le Laboratoire central
“ Lambris, nombrils, verdure Où la terre met le nez dans sa fourrure Teints du sang du soleil c’est celui de mon cœur. Le frêle florentin de la carte postale Porte au cœur un tambour qui bat la générale Mais moi le receveur des impôts indirects J’ai la tête un dimanche au niveau des insectes Le soleil incendie ma nappe de chemise Ce matin j’ai prié trois heures à l’église Est-ce que je dors ou si je veille Il y a un violon quelque part Trois arbres qui voudraient danser, la mer approche son oreille Moi j’ai le ciel bleu pour miroir. ”
“ Aussi nous est-il présenté comme l’enfant chéri de Dieu, le père de tout le peuple d’Israël. Écoute un peu l’histoire du préféré de l’Éternel. À l’âge où les plus dépravés conservent encore quelques-uns des sentiments tendres de l’enfance, Jacob offrait déjà le type du plus parfait égoïste, de l’hypocrite le plus accompli. Encore tout jeune, il sut, avec une infernale habileté, extorquer le droit d’aînesse de son frère [34] . Mais ce n’était là qu’une ébauche ; bientôt il passa maître dans l’art de l’escroquerie. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu, tout, même les privations, la maladie, la mort; mais pour ceux qui ne l'aiment pas, santé, talent, richesse, et les merveilles de sa création, et sa parole et son saint jour, tout se tourne en poison. Muni d'une chemise bien blanche, et requinqué du reste autant que le permettait sa garde-robe délabrée, Jacob impatient, eut à peine dîné, qu'il se dirigea avec ses camarades du côté de l'Enghi. L'Aar était plus bleue que jamais, et son écume étincelait au soleil ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ On décida donc d'y transporter à bras le patient. L'hôtesse alla chercher sa civière et une couverture; et avec une peine infinie, au milieu de jurements à faire trembler les moins aguerris, on y plaça Matthieu. Maintenant qui le porterait? on s'esquivait à qui mieux mieux. Jacob, dont la tête s'était trouvée prise entre un caillou peu arrondi, et la masse entière d'un corpulent Vaudois, Jacob était occupé vers la fontaine à étancher le sang. On vint le requérir : c'était à lui à porter son patron, cela coulait de source. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Notre pauvre garçon fut tellement exaspéré de cette lettre, qu'il oublia toute prudence ; et devant ses camarades, donna cours à sa mauvaise humeur, sans s'apercevoir qu'il en citait des passages entiers, qui, certes, n'étaient pas à son avantage. Ses amis riaient sous cape; on aime assez voir humiliés ceux qui se donnent un genre et font les importants. Avant la fin de la journée, l'histoire de Jacob avait couru tous les ateliers de Berne, glosée et commentée comme on peut penser; Jacob, descendu de son piédestal, était redevenu un compagnon comme un autre. ”
Comtesse de Ségur,
La Bible d’une grand’mère
“ Jacob continua son chemin ; quand il ne fut plus qu’à une journée de roule de la demeure d’Ésaü, il appela quelques-uns de ses serviteurs et leur dit : « Allez au pays d’Édom, chez mon frère Ésaü, et dites-lui : Voici votre frère Jacob qui arrive. Il vient de chez Laban ; il ramène des serviteurs, des servantes, des ânes, des bœufs, des chèvres, des brebis, et il espère trouver grâce devant vous. » Les serviteurs de Jacob partirent et revinrent lui dire : « Nous avons vu votre frère Ésaü, et voici qu’il vient lui-même en grande hâte au-devant de vous, accompagné de quatre cents hommes. » ”
Irénée de Lyon,
Les Pères de l’Église
“ Si l’on étudie les événements de la vie de Jacob, on verra que, loin d’être insignifiants, ils renferment, au contraire, un grand nombre de vérités prophétiques. D’abord, dès le moment où il vient au monde, il prend le talon de son frère, ce qui lui fait donner le nom de Jacob, c’est-à-dire supplantateur ; il enchaîne le premier pas de son frère ; mais lui, personne ne l’arrête ; il lutte, il est vainqueur ; il tient dans sa main le talon de son ennemi, ce qui est la marque de sa victoire. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Il se sent tout petit, impuissant comme en face du ciel étoilé. S'il est chrétien, il s'humilie devant Dieu, se met avec confiance sous sa garde, et ne se sent point abandonné au milieu de cette foule. Mais notre Jacob était un enfant du siècle. Il s'aigrissait en son coeur de ce que, parmi tous ces hommes affairés, aucun ne fît attention à lui. Au fond, c'était un bon jeune homme; mais les fatigues, les tristesses, tout le rude apprentissage d'un voyage solitaire avait jeté du fiel en son âme. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Ils n'ignoraient pas la réputation de Muttens ; les bourgeois, là, ne sont pas gens à se laisser marcher sur le pied, et par des étrangers moins que par tous autres. Après avoir hésité quelque temps entre la Clef et le Soleil, il se décidèrent pour le Soleil. Jacob se sentait ce jour-là en belle humeur ; il avait mis sa meilleure chemise, et fumait son cigare tout en palpant dans sa poche deux des florins de sa grand'mère. Les poings lui démangeaient tandis qu'il regardait autour de lui d'un air crâne. Dans une telle disposition on trouve aisément des partenaires, surtout à Muttens. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Le pauvre vieillard rassembla toutes ses forces pour — 226 — prier, mais il ne put pas ; les sanglots lui coupaient la voix. « Dis seulement : « Notre Père, » reprit sa femme ; « Dieu sait bien ce qui est au fond de nos coeurs, » Antoine récita : « Notre Père ; » Thérèse répétait phrase après phrase, et Jacob, oui, Jacob, làhaut, sur son séant, jes mains croisées, répétait avec elle! — La prière finie, elle embrassa son mari qui recommença à sangloter. Elle s'efforça de le consoler, et lui demanda quelque chose de chaud. Jacob s'était levé et était descendu en offrant ses services. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Et l'hostilité, et le fiel et la haine vont s'accumulant tous les jours. Le maître de Jacob était un homme d'importance ; un homme qui avait voyagé, connaissait à fond son affaire et n'avait point un coeur égoïste. Mais son ton avec les ouvriers était bref, péremptoire; et faisant partie d'un des conseils de la République, il n'avait guère le temps de converser avec eux. Un pays gouverné sans princes, sans nobles, par des bourgeois, même par de simples paysans, qu'en digne industriel il se permettait de regarder du haut de sa grandeur, tout cela passait l'imagination de Jacob. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Il en était ainsi chez le pauvre Antoine, le jour de l'ensevelissement. Jacob pourvoyait à tout de son mieux; l'ignorance des usages rendait sa tâche difficile. Les usages! on sait à quel point le monde y tient. Plus les circonstances sont graves, et de nature à parler au coeur, plus le monde qui a peur de ce qui l'émeut, laisse le fond pour s'attacher à la forme. Il l'entoure de respect, comme une idole ; il anathématise ceux qui y faillissent en quelque point ; il a le front de les accuser d'insensibilité, d'impiété... ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Et quand quelque chaise de poste, quelque élégante calèche le dépassait comme la flèche en l'éclaboussant, qui dira les pensées d'envi?, de haine qui s'allumaient dans le triste coeur de Jacob : « Est-il donc meilleur que moi celui-là couché « comme un veau sur ses coussins, tandis que je « suis à traîner ma pauvre brouette? comment le bon « Dieu a-t-il pu partager les choses ainsi? » A force de marcher et de mettre les étapes derrière soi on finit par arriver. Jacob était maintenant en Brisgau, où chacun lui parlait de la Suisse. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Au bout d'une heure le froid l'avait repris et replongé dans son apathique abattement. Il essaya de mendier ; mais le Suisse français est peu donnant ; l'hiver surtout il n'ouvre pas volontiers sa porte pour tendre une main compatissante. Jacob se rappela en soupirant sa course joyeuse au travers de l'Argovie, lorsqu'avec ses camarades, ils mendiaient, se riaient des refus, et au bout du jour faisaient de bonnes recettes. « La grande route est fatale, se dit— il, les gens y sont trop abordés, et ça leur endurcit le coeur. » ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Mais Jacob n'acquiesçait pas à cette révolte de son orgueil; l'amour était le plus fort. Il se tut, sortit, s'assit dehors sur le banc de pierre, et se mit à pleurer comme un enfant. La pleine lune, la lune de Pâques se levait à l'horizon. Tout bruit avait cessé, sauf celui de la cascade retentissante. Autour de la vallée campaient dans leur silencieuse majesté les montagnes aux blancs sommets. Celte tranquille splendeur semblait insulter à la douleur de Jacob. Il se sentait un misérable grain de sable perdu dans l'immensité. ”
Louis Gaultier, Leçons de chronologie et d'histoire de l'abbé Gaultier… (1851)
“ Tandis que Jacob se rendait auprès d'Esaii, un ange, sous la figure d'un homme, lutta avec lui ; c'est ce qui valut à Jacob le surnom d'Israël, c'est-à-dire fort contre Dieu. C'est de là qu'est venu le nom d'Israélite. 65. Où Jacob alla-t-il s'établir? Après s'être réconcilié avec son frère, Jacob alla s'établir à Sichem, dans le pays de Chanaan. Tous les fils de Jacob sont chefs d'une tri bu. Par ses frères jaloux indignement vendu, Joseph de Pharaon partage la puissance, Et ses soins à l'Egypte assurent l'abondance. 66. Combien Jacob eut-il d'enfans de ses quatre femmes? ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Le pressentiment se réalise, son coeur se serre, toutes ses artères battent avec violence. Il essaie une quatrième et dernière fois, et frappe deux coups retentissants. O bonheur! une chaise a crié sur les cas, eaux de la cuisine, la petite porte intérieure s'est ouverte, les pantoufles clapotent, le verrou de la grosse porte se tire, elle s'entr'ouvre et laisse voir la figure contrariée de Marianne avec ses besicles sur le nez. Elle fixe Jacob d'un regard qui semble dire : « Qu'y a-t-il ? parlez, dépêchez-vous et laissezmoi tranquille! » ”
Ernest Duvergier de Hauranne,
Revue des Deux Mondes T. 3, 1874
“ Les pieds de l’ange ont déjà quitté la terre ; de son bras étendu il désigne le ciel, où il va s’envoler. Jacob, resté sur la terre, s’avance vers lui les mains étendues et cherche à le retenir en l’entourant de ses bras. Il y a un contraste heureux entre la figure tout humaine et terrestre du jeune berger à peu près nu et la silhouette éthérée du messager céleste, avec ses longues draperies flottantes et fluides. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Peste, fit-il en endossant son havre-sac, comme les « habitudes se prennent et se perdent ! Deux jours de « chemin de fer, et mes épaules trouvent si incommode « ce sac qu'elles ne sentaient plus. » Il y avait là matière à réflexion ; Jacob s'y livrait volontiers. Il philosopha quelque temps à part soi sur les dangers du chemin de fer, au point de vue de l'amour des aises et de l'esprit égalitaire. Maint article de journal sur le sujet, a été plus pauvre en idées que la méditation de Jacob; cependant nous ne la rapporterons pas. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Tout en mangeant, il lui raconta comment les choses s'étaient passées, comment les conservateurs n'y étaient pour rien; que lui-même, Jacob, avait remarqué, le matin, le bloc en avant de la boutique du boulanger ; que les patriotes n'avaient eu que ce qu'ils méritaient en faisant boire leur cocher et en buvant eux-mêmes comme des trous à chaque pinte. Jacob termina en s'offrant, avec cette politesse du coeur qu'il avait apprise de Thérèse, pour veiller le bourgeois. ”
Jeremias Gotthelf,
Le Tour de Jacob le compagnon, par J. Gotthelf…
(1853)
“ Qu'on crie tant qu'on voudra à l'étroitesse, au petit esprit, il n'en est pas moins vrai que, pour leur abbaye et leur ville, ces bourgeois se sont battus avec plus de coeur et de dévouement que nos modernes cosmopolites pour leurs idées humanitaires. Le patron de Jacob était donc un Philistin, un vrai Zâhring, comme on nomme à Berne les partisans quand même de l'ancien régime. ”
Histoire Sainte; ou, Histoire des Israélites
“ Jacob dit donc aux pasteurs: «Mes frères, d'où êtes-vous?» Ils lui répondirent: «De Haran.» Jacob ajouta: «Ne connaissez-vous point Laban, fils de Nachor?» Ils lui dirent: «Nous le connaissons. Se porte-t-il bien?» dit Jacob. Ils lui répondirent: «Il se porte bien, et voilà sa fille Rachel qui vient ici avec son troupeau.» Jacob leur dit: «Il reste encore beaucoup de jour, et il n'est pas temps de remener les troupeaux dans l'étable: faites donc boire présentement les brebis, et ensuite vous les remènerez paître.» ”
