Résumé

René Pichon Humanitarisme et patriotisme dans l’ancienne Rome

Songe-t-il à « tous les Romains, » ou à « tous les hommes ? » L’un et l’autre à la fois, croyons-nous ; le poète n’en fait pas la différence. Il représente son héros « pleurant sur le genre humain, » et un peu plus loin il le montre décidé à n’être « époux que pour Rome et père que pour Rome. » Il le dépeint, dans la même phrase, habitué « à sacrifier sa vie pour son pays, et à se croire né, non pour soi, mais pour le monde entier. » Les deux obligations sont donc comme des degrés d’une seule et même morale.
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René Pichon Humanitarisme et patriotisme dans l’ancienne Rome

On pourrait comparer la manière dont il dépeint, à la même date, la conduite de Fulvius Flaccus en Campanie et celle de Scipion en Espagne, l’un despotique et féroce, l’autre libéral et doux : tous deux ont été utiles à Rome, et Tite-Live ne condamne pas Fulvius, mais il vante Scipion avec un bien autre enthousiasme. Pour lui, comme pour Cicéron et pour Virgile, le vrai héros n’est certes pas celui qui oublie sa patrie pour l’humanité, mais ce n’est pas non plus celui qui sacrifie l’humanité à sa patrie : c’est celui qui travaille pour toutes les deux en même temps.
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René Pichon Humanitarisme et patriotisme dans l’ancienne Rome

HUMANITARISME ET PATRIOTISME
DANS L’ANCIENNE ROME [1] Parmi tous les conflits d’idées qui peuvent tourmenter la conscience des hommes d’aujourd’hui, il n’en est guère de plus grave, de plus délicat, — et, à certaines heures, de plus douloureusement angoissant, — que celui qui met aux prises les deux notions de « patrie » et d’ « humanité. » Car il se peut bien, sans doute, que ces mots admirables servent quelquefois de prétextes à des passions médiocrement dignes d’estime : n’importe ! les contrefaçons qui usurpent le nom des plus nobles sentimens ne sauraient en obscurcir le prestige sacré.
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