Résumé

René Pichon Mommsen et la mentalité allemande

Il est de cœur avec les Romains, non seulement parce qu’ils sont braves ou parce qu’ils sont disciplinés, mais plus encore peut-être parce qu’ils sont résolus à être les maîtres, et à faire tout ce qu’il faut pour cela. Il les aime de ne pas se confondre avec ceux « pour qui la morale est en politique autre chose qu’un vain mot ; » il les aime d’oser, — lorsqu’ils réclament, par exemple, l’extradition d’Hannibal, — « mettre de côté la politique de sentiment ; » il les aime d’être en toute circonstance les champions inflexibles de la force, sans trop s’inquiéter du droit.
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René Pichon Mommsen et la mentalité allemande

Nous savons, mieux que personne, qu’il n’est pas de question d’histoire romaine sur laquelle on ne doive le consulter avant tout autre. Et nous souscrivons volontiers aux éloges que lui ont décernés, chez nous, les spécialistes les plus qualifiés. Avec l’un d’eux, nous voyons en lui « la plus haute autorité philologique de l’Allemagne. » Nous ne refusons pas de le saluer, avec un autre, comme « un fondateur d’empire, l’imperator unicus de cette science du monde romain qu’il a soumise, pour sa gloire et celle de sa nation, à l’hégémonie allemande. »
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René Pichon Mommsen et la mentalité allemande

Il y a des races qui rêvent de s’unir tranquillement, harmonieusement, sans menacer les autres, sans rien désirer que de jouir de leur fraternité enfin reconquise. Ce n’est pas sur ce modèle idyllique que Mommsen conçoit la formation des nationalités. Qu’il parle des villes latines absorbées par Rome, ou qu’il songe aux principautés germaniques englobées par l’empire allemand, la concentration ne lui apparaît que comme la préface de la conquête extérieure : ce qu’il prêche, c’est l’unité, mais l’unité dans la lutte et pour la lutte.
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