Résumé

René Pinon Cinquante ans de règne. — Le Monténégro et son prince

Pour le Monténégro, l’alliance russe est à la fois la politique du cœur et la politique des intérêts. L’amitié des Tsars est, pour le petit État slave, une garantie de longue vie et de sécurité. Qui nuit au Monténégro blesse la Russie. L’Europe n’est pas tentée de l’oublier, depuis ce jour de 1889 où Alexandre III, recevant à Pétersbourg le prince Nicolas, but « à l’unique ami de la Russie. » Les Russes regardent le Monténégro comme une avant-garde slave dans le Balkan occidental, comme une forteresse russe en travers de la route qui conduirait l’Autriche vers Salonique.
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René Pinon Cinquante ans de règne. — Le Monténégro et son prince

N’y aurait-il pas, en outre, une raison d’intérêt politique ? Le Monténégro était le seul pays chrétien de la péninsule balkanique qui ne fût pas une monarchie constitutionnelle. « Le trône d’or des Balkans » n’appartiendra jamais à un souverain qui n’aurait pas assuré à ses peuples des institutions libérales. Devenir un Etat constitutionnel, c’était rendre possible, autour du Monténégro, ce groupement des Etats balkaniques dont le rêve hante l’imagination du prince Nicolas.
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René Pinon Cinquante ans de règne. — Le Monténégro et son prince

« Mon frère demeure bien haut, dit l’Empereur émerveillé. — Les Turcs m’ont pris la terre, les Autrichiens la mer, il ne me reste que le ciel, » répondit le prince [1] . Le Monténégro est une forteresse de pierre, les Monténégrins en sont la garnison.
Seules, de grandes catastrophes peuvent obliger les hommes à se créer une patrie là où devraient régner sans partage l’aigle et le chamois. Ce fut l’invasion turque, victorieuse à Kossovo (1389) , qui, disloquant l’Empire serbe de Douchan, isola les princes de la Zêta et les confina dans la Tchernagora.
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