Résumé

Ubicini Revue des Deux Mondes

I. L’histoire moderne de la Serbie s’ouvre en 1804 avec la prise d’armes de Kara-George, dix-huit ans avant la guerre de l’indépendance hellénique. Comme ils avaient précédé les Grecs dans la servitude, les Serbes les devancèrent dans la liberté. C’est le 29 mai 1453 que Constantinople tomba au pouvoir des Ottomans ; la sanglante bataille de Kossovo, qui prépara l’asservissement de la Serbie, avait été livrée le 25 juin 1389. L’histoire de ces quatre siècles est remplie de ténèbres, ou plutôt ils n’ont pas d’histoire. Notre moyen âge, si lamentable, si confus, n’offre rien de tel.
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Tôt ou tard cette anomalie doit cesser, car rien de contradictoire ne peut durer, et c’est là justement le nœud de ce qu’on appelle la question d’Orient. Mutilée, mais encore debout, convoitée par d’ambitieux voisins, ou battue sans relâche par le flot montant des nationalités, cette puissance, qui projette son ombre de l’Euxin à l’Adriatique, est un perpétuel sujet d’inquiétude pour l’Europe, dont elle menace l’équilibre. Qu’elle s’écroule subitement demain, elle laissera par sa disparition un vide profond et dangereux à l’extrémité sud-est de l’Occident.
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C’est là le fait dominant de la situation en Serbie, celui qui met le mieux en relief le caractère et les mœurs serbes. Tout fonctionnaire public, tout agent du pouvoir, est tenu pour inviolable; la loi est partout obéie sans difficulté, pourvu qu’elle ait été acceptée par ceux qui doivent s’y soumettre. Le peuple est docile, mais raisonneur, « Entendre, c’est obéir, » disait le Grec du Bas-Empire.
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