Résumé

Portrait de Émile Burnouf Émile Burnouf La Grèce et la Turquie en 1875

On peut donc dire qu’il n’y a en Grèce aucun problème religieux de quelque importance et qu’en cela elle peut marcher sans obstacle dans la voie de la civilisation ; mais, comme pays libre, elle n’est pas seulement le modèle qu’ont toujours devant eux les autres peuples helléniques encore soumis à l’étranger, elle est aussi le centre politique et religieux auquel ils s’efforcent de se rattacher. Tout problème religieux qui s’agite dans les pays occupés par les Ottomans devient un problème pour ainsi dire athénien ; toute solution fâcheuse y est une atteinte portée à la Grèce indépendante.
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Portrait de Émile Burnouf Émile Burnouf La Grèce et la Turquie en 1875

Le Monténégro, l’Herzégovine, se remuent sans cesse pour secouer le joug qui pèse encore sur eux ; la Crète s’est soulevée il y a peu de temps, et a tenu en échec avec quelques palikares des corps d’armée musulmans ; elle triomphait, si la diplomatie européenne ne l’avait forcée à faire rentrer dans son cœur son patriotisme exalté. Les provinces européennes de la Turquie forment comme une enclave entre le royaume libre et les pays du nord déjà presque émancipés, et cette enclave n’est presque entièrement occupée que par des populations ennemies des Turcs et désireuses de l’indépendance.
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Si par impossible l’idée d’un pareil article de foi venait à quelques évêques-ou à quelque patriarche de l’église d’Orient, ce serait dans tout le monde hellénique un immense éclat de rire, et l’on se dirait les uns aux autres, comme Virgile à Dante : guarda e passa ! Les questions de hiérarchie ont au contraire le premier rang chez les peuples grecs et intéressent au même degré tous les membres, libres ou esclaves, de la famille, car c’est avec la race le seul lien qui les tienne unis.
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