“ De ce rapprochement perpétuel avec les dieux se forme dans l’âme du Grec un fond de croyance, dont il a la conscience plus ou moins nette, à une action supérieure qui domine toute sa destinée. Il est sous une impression merveilleuse qui redouble l’émotion du présent et passionne l’attente de l’avenir. ”
Rite grec
Définition et enjeux
Citations sur “Rite grec”
Louis Becq de Fouquières, Les jeux des anciens : leur description… (1869)
“ Aussi voyons-nous la Grèce, aux temps antiques, dans une sorte de contemplation permanente, épiant partout et toujours les manifestations de cette divinité qui règle l'univers; car le Grec voit toujours le Destin au-delà de la divinité vers laquelle il tend les bras et qui n'est qu'un intermédiaire plus saisissable et plus compréhensible. ”
Beaux-Arts - Vénus anadyomène - Portrait de Mme de Rothschild
“ L’heure, le lieu de la scène, le choix de la pose, l’arrangement des accessoires, tout a été pour lui l’objet d’une méditation soutenue ; tout est grec, du grec le plus pur, et, jusque dans les moindres détails, il a su porter ce respect, ce culte passionné de l’antique dont il a, en vrai païen, fait sa religion. L’aube se lève, et ses premiers rayons ont pâli l’azur du ciel, où les astres s’effacent. Seule, l’étoile du matin lutte la dernière et blanchit au zénith. ”
Paul Milliet,
Une famille de républicains fouriéristes…
(1915-1916)
“ Grecs dégénérés, mais encore grecs, ils ont conservé quelque chose des hautes qualités de leur race. Leur dédain des biens de la terre n'est pas sans noblesse. Leur imagination enfante des êtres bizarres, mais d'une imposante majesté : ce Dieu terrible, ce Christ Pantocrator, cette Vierge couronnée et triomphante, la Panagia, ces ascètes desséchés, émaciés et hagards, qui surgissent dans leurs grands manteaux blancs à larges bandes de pourpre, conservent une noblesse simple, héritée de leurs ancêtres taillés dans le marbre grec. ”
Paul d’Estournelles de Constant,
La Vie de province en Grèce. Dix mois de séjour en Achaïe
“ Dépourvue de science et d’apprêt, elle est l’expression naïve, quelquefois brutale, de sentimens toujours vrais et non empruntés. On devine, en entendant réciter par un vieux Grec ces chants jeunes, vigoureux, empreints d’une harmonie sauvage, quels hommes les ont composés et dans quelles circonstances terribles la seule inspiration les leur a dictés. ”
Alfred Fouillée,
Revue des Deux Mondes
“ Un des plus beaux traits du caractère grec, c’est l’amour passionné pour la liberté et pour l’indépendance : on sait à quel héroïsme cette passion s’est élevée en notre siècle et, là encore, on reconnaît les dignes fils des Grecs. ”
André de Guerne, Les Siècles morts
“ La fluidité même de l’esprit grec et l’immatérialité d’un culte plus esthétique que théologique, plus civique que religieux, défendaient l’antique Hellas contre les nouveautés dangereuses. Athènes demeurera pendant des siècles le suprême asile des Dieux. ”
Aristote,
La morale et la politique d'Aristote…
“ Vierge sacrée ! c’est pour toi, pour ta beauté divine, que les Grecs regardent comme un sort digne d’envie l’occasion de supporter les plus dures fatigues, et de braver même la mort. Le prix glorieux et immortel que tu présentes à leurs cœurs, leur semble préférable aux délices du plus doux sommeil, à tout l’éclat de la naissance, aux plus riches trésors. ”
Alphonse Esquiros,
Revue des Deux Mondes
“ A mesure qu’il émancipe ses dieux, le peuple grec s’affranchit lui-même, car partout les institutions civiles et politiques se montrent calquées sur les idées religieuses. Au lieu de ces temples caverneux et de ces palais de l’Orient qui résumaient l’effrayant parasitisme d’une nation absorbée par un homme ou par une caste, nous trouvons en Grèce des places publiques où se réunissaient et se consultaient toutes les classes de la société. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 30 septembre 1869
“ Il montre aussi, par des citations heureuses et des analyses délicates, que toutes ces questions que l’esprit grec agitera plus tard sur la destinée de l’homme et sur sa nature, sur la place qu’il occupe dans l’univers, sur le sort qui l’attend après la vie, sur la conduite et le gouvernement du monde par les dieux, se sont confusément posées dès cette époque primitive parmi ces hommes presque sauvages. ”
Marcel André, Fleurs de sang, l'Illiade du XXe siècle… (1921)
“ Les Grecs réincarnés vinrent au Moyen-Age, Architectes, sculpteurs et peintres, tour à tour : En Italie, en France, et soit dit sans ombrage, Par d'immortels travaux gravèrent leur séjour. Le théosophe anglais d'un grec a cru voir l'âme, Donner à lord Byron un génie immortel. Du temps d'Elisabeth, d'Espencer, il proclame, Qu'il eût l'âme d'un Grec, au génie éternel. L'âme grecque est la nôtre ; elle est âme 'de guerre ? Elle est l'âme du droit, de la fraternité. Comme eux, mnis des arts, ennemis du vulgaire, Notre littérature est la simplicité. ”
Prosper Mérimée,
Revue des Deux Mondes
“ Il y a dans l’esprit grec quelque chose d’expansif qui agit sur tout ce qu’il approche. C’est la séduction d’une nature supérieure à laquelle on ne peut échapper. Conquérant, le Grec a quelque chose de l’apôtre ”
Conrad Malte-Brun,
Géographie universelle de Malte-Brun…
(1863-1864)
“ La religion grecque, appelée par les Grecs religion orthodoxe, est celle de l'Etat et de presque toute la nation.L'Eglise grecque est administrée par un synode présidé par l'évêque métropolitain d'Athènes, et auquel sont appelés alternativement et à tour de rôle tous les autres évêques du royaume. La langue grecque moderne se rapproche beaucoup du grec ancien : elle est belle, et s'embellit encore de jour en jour, en prenant des règles plus fixes; il y a une tendance marquée, surtout parmi les classes élevées de la société, à lui rendre les règles et les formes de l'ancienne langue. ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Le mont Athos, un voyage dans le passé
(1876)
“ On en peut du moins avoir l'illusion pendant la semaine sainte en entendant prêcher les mystères dans toutes les langues du globe. Le pèlerin qui parcourt alors les divers sanctuaires y rencontre des moines parlant simultanément au peuple en latin, en italien, en français, en grec, en arabe, que sais-je encore ? Les processions des divers rites se développent solennellement dans les détours de l'édifice, les Grecs dans le choeur éclatant d'ornements d'or et de mosaïque, les Latins dans les ténèbres séculaires qui régnent sous les voûtes du nord ”
Friedrich Nietzsche,
Humain, trop humain
“ — Peut-être n’y a-t-il rien de plus étrange, pour celui qui regarde le monde grec, que de découvrir que les Grecs offraient de temps en temps quelque chose comme des fêtes à toutes leurs passions et à tous leurs mauvais penchants, et qu’ils avaient même institué, par voie d’État, une sorte de réglementation pour célébrer ce qui était chez eux trop humain : c’est là ce qu’il y a de vraiment païen dans leur monde, quelque chose qui, au point de vue du christianisme, ne pourra jamais être compris et sera toujours combattu violemment. — Ils considéraient leur « trop humain » ”
“ d'une finesse d'esprit exquise, d'un jugement droit et éprouvé, il me parla longuement de la Grèce, et jamais la position vraie de ce malheureux pays, son avenir, ses ressources, n'ont été plus poétiquement exposés que par ce vieux Grec à longs cheveux blancs, au costume pittoresque, assis sur un fragment de marbre aux sculptures effacées, prophétisant l'avenir de cette nation, qui fut toujours un prétexte dans les mains des puissances européennes. ”
Albert Londres,
Marseille, porte du sud
(1927)
“ Un Grec d’Égypte, qui ressemble à un olivier parce qu’il est noueux du corps et chevelu du sommet, et qui est connu dans les bars sous le nom de prince Henri, m’avait d’abord promis son appui. ”
Stefan Zweig,
Émile Verhaeren, sa vie, son œuvre
“ Le héros grec était le lutteur, expression parfaite d’un corps harmonieux ; le héros de notre temps est le penseur, qui représente notre idéal d’un esprit puissant et délié. ”
Alphonse Daudet,
Le Petit Chose
“ Au lieu de nous bourrer la tête de grec et de latin comme dans les autres institutions, on nous apprenait à servir la messe du grand et du petit côté, à chanter les antiennes, à faire des génuflexions, à encenser élégamment, ce qui est très difficile. ”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Avant d’en découvrir la trace dans le culte des anciens Grecs, par des recherches sur leurs cérémonies mystérieuses et les divinités qui en étaient l’objet, il est nécessaire d’examiner quelle fut leur croyance lorsqu’ils étaient encore sauvages, et par quelle révolution elle s’altéra, lorsqu’ils commencèrent à se civiliser. De la religion primitive des Grecs. Dans l’enfance des sociétés les hommes de tous les pays se ressemblent autant par leurs idées que par leurs mœurs. ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Homère est un croyant ; son merveilleux prétendu, ce sont les traditions religieuses que lui ont léguées ses pères. La poésie grecque est vivante, et la mythologie en est l’âme ; mais c’est que la mythologie n’est ni un système, ni une machine fabriquée à plaisir : elle est la religion grecque elle-même. Religion primitive des Grecs. Le culte des habitants primitifs de la Grèce était simple, mais non point grossier : ils n’adoraient ni la pierre, ni le bois ; leurs dieux étaient des personnifications de ces forces qui se meuvent et agissent dans la nature. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 septembre 1875
“ A l’origine, nous dit-il, les divinités des Grecs différaient peu de celles de l’Orient, mais par ce fait même qu’elles entrèrent dans la religion de l’état, que leur culte devint le fondement de la vie publique et privée, leur caractère tendit sans cesse à s’élever et à s’épurer. C’est un des traits les plus frappans et les plus honorables du génie des Grecs. Ils valaient mieux que leur religion ; ce ne fut pas elle qui améliora les hommes, ce furent les hommes qui rendirent leurs dieux un peu meilleurs. ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ Des peuplades de l’Orénoque n’existent plus ; il n’est resté de leur dialecte qu’une douzaine de mots prononcés dans la cime des arbres par des perroquets redevenus libres, comme la grive d’Agrippine qui gazouillait des mots grecs sur les balustrades des palais de Rome. Tel sera tôt ou tard le sort de nos jargons modernes, débris du grec et du latin. Quelque corbeau envolé de la cage du dernier curé franco-gaulois dira, du haut d’un clocher en ruine, à des peuples étrangers à nos successeurs : « Agréez ces derniers efforts d’une voix qui vous fut connue : vous mettrez fin à tous ces discours. ”
Edmond About,
La Grèce contemporaine
“ La religion schismatique grecque est une lettre morte elle ne commande point des vertus, mais des grimaces ; elle abonde en exigences minutieuses et en prescriptions vexatoires ; elle excelle à macérer le corps sans profit pour l’esprit ; elle fatigue le bras sans fortifier le cœur ; elle incline le corps vers la terre sans élever l’âme vers le ciel : cette religion, fille du Bas-Empire, participe de l’imbécillité byzantine. J’ai vu deux fois en Grèce le grand carême et la solennité de Pâques. J’ai donc pu observer la religion dans ses rigueurs et dans ses fêtes. ”
Clément d’Alexandrie, Les Pères de l’Église
“ Avec ces principes, il faut que les Grecs s’initient, par la loi et les prophètes, à la manière d’adorer le Dieu unique, le véritable Tout-Puissant. L’apôtre leur promulguera ensuite cet oracle : « Pour nous, nous n’avons point d’idole dans le monde, » parce que de tous les êtres de la création, il n’en est pas un seul qui puisse rappeler l’image de Dieu. Ils apprendront en troisième lieu que leurs simulacres ne sont pas même la représentation de ceux qu’ils honorent : la forme des âmes ressemble-t-elle donc aux statues des Grecs ? ”
Edmond About,
La Grèce contemporaine
“ Tous les Grecs sans exception croient à leur religion et vont à l’église. La Grèce ne contient ni philosophes ni libres penseurs, ni esprits forts. J’entends par esprits forts ces fanfarons qui rejettent une religion sans la connaître, et affichent un scepticisme où la méditation n’a point de part. En Grèce, il est de bon goût d’aller à l’église tous les dimanches, de prendre de l’eau bénite, de faire des signes de croix, de jeûner les quatre carêmes et de porter un cierge allumé à Pâques. ”
Collectif, Encyclopédie anarchiste
“ Mais, pour discerner l’origine véritable de la poésie, il faut atteindre les Grecs héritiers et dépositaires des vieilles légendes d’Orient. Avec la Grèce, c’est le culte de la Beauté. Les Dieux n’ont pas d’autre signification. Nous nous évadons du mythe cadenassé et le poète ne se confond plus avec le prophète ou le prêtre. Les Grecs imaginent des Dieux à profusion, chacun d’eux correspondant à une nécessité de leur vie sociale. Jupiter n’a guère plus d’importance, pour les Grecs, qui savent à quoi s’en tenir, que Marianne pour les républicains français. ”
Victor Bérard, De l'origine des cultes arcadiens… (1894)
“ Nous ne pouvons concevoir la Grèce que comme la terre des héros et des dieux. Sous des portiques de marbre blanc, devant un temple aux nobles lignes, parmi le peuple des immortelles statues, nous imaginons un peuple d'hommes aussi divin que ses dieux mêmes, beau comme ses statues, grand comme ses héros, délivré de toutes les basses nécessités qui nous écrasent, et dans une éternelle conception de poésie et de beauté. C'est dans ce décor, avec ces personnages, que toute l'histoire des Grecs se déroule pour nous. ”
Anatole France,
La Révolte des anges
(1914)
“ Ce peuple agréable entre tous aux yeux des Démons, ces Grecs heureux ne trouvèrent pas, sans effort, la bonne police et les arts. Leur premier temple fut une hutte en branches de laurier ; leur première image des dieux, un arbre ; leur premier autel, une pierre brute, teinte du sang d’Iphigénie. Mais en peu de temps, ils portèrent la sagesse et la beauté à un point que nul peuple n’avait atteint avant eux, dont nul peuple ne s’est, depuis, approché. ”
Clément d’Alexandrie, Les Pères de l’Église
“ « Les Grecs sont des voleurs, » je laisse de côté, sans le moindre scrupule, les dogmes des philosophes. S’il me fallait examiner une à une leurs diverses maximes, ces commentaires, si étendus qu’on les suppose, ne suffiraient jamais à démontrer que toute la sagesse de la Grèce a son origine première dans la philosophie barbare. Toutefois nous reviendrons sur ce point, selon que le besoin s’en fera sentir, lorsque nous recueillerons les opinions des Grecs sur les principes. ”
Frédéric Ancillon,
Essais de philosophie, de politique et de littérature…
(1832)
“ Les dieux des Grecs n'étaient que l'idéal des Grecs eux-mêmes., L'homme ne peut sans doute jamais, dans les représentations qu'il se fait de la divinité, se dégager entièrement de sa manière de voir, de sentir, de juger ; nous prêtons- à la divinité quelques uns des traits de notre nature intellect tuelle et morale. Les Grecs donnaient à leurs dieux les formes et les traits de l'humanité ; ils plaçaient chaque classe des objets de la nature sous la garde d'un être doué de force et de beauté physiques, d'intelligence et de liberté, de désirs et de passions. ”
Clément d’Alexandrie, Les Pères de l’Église
“ Nous, Chrétiens, nous nommons philosophes, les zélateurs de la sagesse qui a tout créé, qui a tout enseigné, qu’est-ce à dire ? les zélateurs de la connaissance du fils de Dieu. Les Grecs, au contraire, prostituent le nom de philosophes à ceux qui disputent sur la vertu. La philosophie est l’accord d’une vie sans tache avec les dogmes irrépréhensibles qui appartiennent à chaque secte, aux sectes philosophiques bien entendu, et qui, après avoir été dérobés au trésor divin des traditions barbares, ont été recouverts des ornements de la Grèce. ”
Georges Perrot,
Revue des Deux Mondes
“ Si nous jugions la religion de la Grèce seulement par les épithètes dont les poètes se servent pour définir les dieux et par les actions qu’ils leur prêtent, nous risquerions de la mal juger. C’est en contemplant les effigies de ses dieux que nous nous rendons le mieux compte des idées qu’ils ont attachées à chaque type divin. ”
Johann Alzog, Histoire universelle de l’Église
“ C’est vraisemblablement de l’Égypte et de la Phénicie que le peuple puissant de la Grèce reçut les germes de sa civilisation et de sa foi. Mais en les développant plus tard d’une manière si originale et si classique dans les sciences, les arts et la poésie, les Grecs revêtirent toutes les antiques traditions des couleurs de leur imagination brillante, vivement excitée par la ravissante nature qui les entourait. Nul peuple de la terre ne fut à la fois si spirituel et si sensuel : et ce double caractère s’imprima dans toutes ses opinions religieuses. ”
Ernest Renan,
Études d'histoire religieuse
(1857)
“ Voilà pourquoi la Grèce est vraiment une Terre Sainte pour celui dont la civilisation est le culte ; voilà le secret de ce charme invincible qu'elle a toujours exercé sur les hommes initiés à la vie libérale. Les vraies origines de l'esprit humain sont là; tous les nobles de l'intelligence y retrouvent la patrie de leurs pères. ”
