Albert Londres,
Marseille, porte du sud
(1927)
“ Avec le relais de Marseille, une année de marins est partagées en vingt-quatre, en douze, en six ou en trois parts. À bord, les jours n’ayant aucune valeur personnelle, mais seulement celle de faire un total à la fin de la traverseé, la vie des marins n’est ni quotidienne, ni hebdomadaire, ni mensuelle. Elle est kilométrique. On dit à terre : tant d’heures. On dit en mer : tant de milles. Nous, gens du sol, nous grignotons chaque jour la même quantité de vie, soit vingt-quatre heures ! Les marins, eux, ne connaissent pas cette mesure : ils mordent dans la vie au hasard de la tranche. ”
