Résumé

E. Beulé L’Ile de Crète et la Question d’Orient

Telle nation qui parle des Grecs avec dédain devrait rougir devant eux en méditant cet exemple.
Au lieu de maltraiter la Grèce, il serait donc sage de l’encourager, de la protéger, de l’agrandir et de lui montrer surtout cette vertu éminemment paternelle qui est la patience. Il faut trente ans pour faire un homme : n’accordera-t-on pas plus de temps à l’éducation d’un peuple? Notre civilisation nous a coûté quinze siècles d’efforts, à nous qui héritions des Romains : ne donnerons-nous pas au moins un siècle à une nation qui sort des mains des Turcs?
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E. Beulé L’Ile de Crète et la Question d’Orient

L’humanité marche, et son impulsion n’est arrêtée ni par notre désir de rester sourds à la vérité et à la justice, ni par les lenteurs qu’oppose la diplomatie aux abois. Je viens plaider notre propre cause et parler le seul langage qui puisse être compris aujourd’hui, celui de l’intérêt. L’intérêt de l’Europe est de protéger la Crète efficacement, de la détacher de la Turquie, promesse qui date de quarante ans, d’obtenir pour les deux cent mille chrétiens qui la peuplent le droit de disposer d’eux-mêmes, c’est-à-dire de s’annexer au royaume de Grèce.
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E. Beulé L’Ile de Crète et la Question d’Orient

Elle sent que l’empire de Constantinople doit se dissoudre et non s’écrouler, que les races chrétiennes doivent se relever, mais une à une, à mesure qu’elles sont mûres pour la liberté, — que la race arabe a plus d’intelligence et plus de vitalité que la race ottomane, mais que son concours est encore le salut de la Turquie, — que les Turcs repasseront un jour le Bosphore, mais qu’il faut leur préparer des héritiers capables d’arrêter ou de déjouer l’ambition moscovite. En un mot, la politique de la France est à la fois libérale et conservatrice, c’est la politique de l’avenir
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