Résumé

George Perrot Le Prince Michel Obrenovitch et l’avènement du prince Milan…

De Belgrade allait partir, disait-on, un cri de guerre qui retentirait dans tout l’Orient ; les imaginations hardies voyaient déjà les Slaves insurgés de l’Adriatique à la Mer-Noire. Quelques jours plus tard, on était rassuré : on avait appris l’avènement du jeune Milan Obrenovitch presque en même temps que la mort de son cousin, et on était trompé par l’apparente facilité avec laquelle s’était opérée cette transmission du pouvoir ; il semblait que la mort du prince Michel fût un incident sans gravité réelle, qui n’avait jamais fait courir de dangers sérieux au repos de l’Europe.
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George Perrot Le Prince Michel Obrenovitch et l’avènement du prince Milan…

On ne retrouve pas chez le Serbe cette vanité égoïste, intraitable, cette ambition individuelle qui, dès l’âge héroïque et dans l’antiquité, empêcha toujours les Grecs de s’unir dans un effort commun, qui les aurait perdus au commencement de ce siècle sans l’intervention de l’Occident. Le peuple serbe, dès qu’il a confiance dans ses chefs, se serre autour d’eux, et obéit docilement à l’impulsion qu’ils lui donnent ; c’est là un trait du caractère national dont témoigne toute l’histoire de la Serbie moderne.
En ce moment, la question intérieure paraît surtout occuper les Serbes
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George Perrot Le Prince Michel Obrenovitch et l’avènement du prince Milan…

A qui pardonner ? Était-ce à ceux qui avaient eux-mêmes massacré, mutilé le prince, tué et blessé des femmes ? Était-ce à ce directeur du bagne qui avait comploté l’assassinat et abusé de la confiance du souverain pour lâcher contre lui ses forçats, à ceux qui n’attendaient qu’un signal pour égorger les ministres et déchaîner le pillage sur Belgrade, ou bien à ces officiers qui avaient trempé dans un complot, eux aides-de-camp du prince, quand la non-révélation suffit, d’après le code militaire, pour entraîner la mort ?
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