Résumé

Portrait de René de Pont-Jest René de Pont-Jest Bolino le négrier, souvenirs de l'Océan Indien… (1862)

A peine était-il dans le jardin que Dony le rejoignit. L'intendant avait la figure bouleversée, les poings crispés. Il semblait en proie à la plus violente irritation.
—Qu'avez-vous donc ? lui demanda-t-il en le forçant à s'asseoir sous la varende.
—Oh ! le misérable, le misérable, il la tuera ! murmurait Dony.
—Comment, il la tuera ! qui, mademoiselle Mary, lui, Bolino? demanda Albert, se souvenant qu'il avait laissé l'intendant avec le Portugais.
—Lui-même! Tenez, il vaut mieux que vous sachiez tout; vous nous conseillerez, car vraiment je ne sais comment nous allons faire !
Source : Gallica

Portrait de René de Pont-Jest René de Pont-Jest Bolino le négrier, souvenirs de l'Océan Indien… (1862)

Vers minuit la brise avait atteint toute sa force, la mer était devenue grosse; les lames étaient longues, et heureusement que, malgré la vitesse de dix ou douze noeuds qui l'emportait, le bâtiment ne fatiguait pas.
Bolino se promenait à tribord de la dunette; Albert, lui, était assis à bâbord. A chaque nouveau tour de promenade qui ramenait le négrier sur le couronnement, il pouvait le voir jeter dans la direction du navire qui le chassait des regards de colère.
Tout était, à la vérité, contre lui.
La lune, alors dans son plein, perçait les nuages: on y voyait comme au milieu du jour.
Source : Gallica

Portrait de René de Pont-Jest René de Pont-Jest Bolino le négrier, souvenirs de l'Océan Indien… (1862)

Quant à Albert, cette voix douce qui lui avait crié « à bientôt, » lui tinta au coeur pendant toute la route. Le soir, lorsqu'il se trouva seul à l'hôtel, il n'osa s'avouer qu'il venait de passer plusieurs jours sans que le souvenir de Berthe se fût présenté à son esprit.
Le jour même de son retour à Saint-Denis, il était allé dîner chez maître Darimond, qui lui avait appris qu'il avait déjà dressé toutes ses batteries et qu'il était en mesure, dès l'arrivée des pièces qu'il attendait du Cap, de lancer ses assignations. Le digne homme était alerte comme un général la veille d'une bataille.
Source : Gallica

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