Vassili Joukovski,
Les veillées russes
(1827)
“ « J'entends sa voix : c'est lui, c'est mon amant! » Quittant pour moi sa demeure immortelle, » A le rejoindre il m'invite, il m'appelle. » O toi que j'ai si long-temps attendu! » Je te revois enfin, tu m'es rendu. » Auprès de toi, sur ton léger nuage, » Viens m'emporter au palais de l'orage; » Viens, cher Égill, je te suis. » A ces mots Son cœur se brise, et de ses froids pavots Déjà la mort a chargé sa paupière. O Moïna! quand demain ton vieux père, - Pour te donner le baiser du matin, Te cherchera d'un regard incertain Dans son palais, désormais solitaire, Sa fille, hélas! ”
