Vicomte de Reiset

Résumé

Vicomte de Reiset Revue des Deux Mondes

Le comte de Maurienne écrit le 1er mai :
Madame était dans un état pitoyable : on ne sait si elle est en mal.
L’exagération de ses plaintes empêche souvent qu’on ne les prenne au sérieux :
10 septembre. — Madame a fait une scène parce qu’elle prétendait être empoisonnée et son histoire a touché bien des gens. Pour moi, je l’ai trouvée ridicule, écrit Charles-Félix.
Le Roi me mène à Turin, dira à son tour le comte de Maurienne, pour voir Madame qui a eu les fièvres que l’on disait être tierces. Elle était couchée et fort abattue et plaintive, comme si elle était à l’extrémité.
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Un incident malheureux, bien que prévu, allait venir accentuer les fâcheuses dispositions des princes de Savoie envers leur beau-frère. On sait quels tendres liens attachaient le comte d’Artois à Mme de Polastron [8] , cette fidèle amie qui depuis plusieurs années déjà régnait souverainement sur son cœur et dont le dévouement passionné devait le suivre sur toutes les routes de l’exil. Cette douce liaison, à laquelle la cour de Versailles avait été indulgente, devait à juste titre, plus que partout ailleurs, faire scandale à la cour austère de Turin.
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Mais Charles-Félix était un observateur intelligent et son récit présente, avec de réelles qualités d’ordre et de netteté bien rares chez un jeune homme de cet âge, une vivacité de ton qui en fait une lecture vivante et pleine d’intérêt. Le journal est écrit en français et, bien que cette langue fût celle dont les princes de Savoie usaient habituellement entre eux, de préférence à l’italien ou au piémontais, on sent au relâchement du style que l’auteur n’écrit pas dans sa langue maternelle.
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