Victor de Saint-Genis

Résumé

Victor de Saint-Genis Revue des Deux Mondes

II. Strasbourg, vieille ville municipale, très fière de ses libertés garanties par les capitulations impériales et les concessions de Louis XIV, avait adopté avec enthousiasme les idées de la révolution. Réunie à la France depuis cent ans à peine, capitale d’une province catholique et féodale, elle devint vite un foyer d’intrigues et d’agitations, où les protestans, les juifs, et ce qu’on appelait la horde d’outre-Rhin essayèrent de se saisir d’une influence qui, échappant à la noblesse et au clergé, semblait devoir tomber aux mains des plus audacieux ou des plus prompts.
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Victor de Saint-Genis Revue des Deux Mondes

Je renvoyai M. de Thessonnet à Strasbourg. Il y passa quatre jours enfermé avec les colonels. Il mit tout en œuvre pour obtenir d’eux qu’ils tinssent la parole donnée ; il désespéra de leur rendre l’énergie dont ils auraient eu besoin. M. de Courtivron manifestant avec vivacité son regret de voir les autres chefs de corps refuser de le seconder, je lui fis proposer d’exécuter à lui seul la surprise de la citadelle, et par là de forcer la ville.
M. de Courtivron examina, discuta, hésita, se déroba et ne montra pas plus de force d’âme que les autres officiers.
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Victor de Saint-Genis Revue des Deux Mondes

Le comte de Provence a pu fuir; il gagne Bruxelles, puis s’installe à Coblentz; le prince de Condé fait de Worms le quartier-général des royalistes. Les esprits s’exaltent; les faits du dehors vont exercer désormais une influence décisive sur les variations de la politique intérieure ; chaque provocation venue d’outre-Rhin, chaque insolence de l’étranger, produiront en France une émotion, une secousse, des représailles.
Quand on juge les événemens à une distance qui permet d’en peser les causes et d’en apprécier les conséquences, il est facile d’être sévère
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