Résumé

Émile Chrestien La Capacité civile de la femme séparée de corps… (1897)

Si la femme a toutes les qualités d'intelligence requises pour gérer sa fortune, pourquoi la protégerait-on quand elle est mariée, c'est-àdire au moment où précisément elle vient de se donner un protecteur dans la personne du mari, et si, elle manque de quelques-unes de ces qualités, pourquoi la laisse-t-on exposée à tous les inconvénients de sa faiblesse d'esprit au moment où précisément elle est sans guide et sans conseil. Au nom d'un intérêt privé, ne frappe-t-on pas d'incapacité le prodigue même célibataire?
Source : Gallica

Émile Chrestien La Capacité civile de la femme séparée de corps… (1897)

D'après le même point de départ, on pourrait affirmer que le législateur est favorable au divorce, puisqu'il relève de son incapacité la femme, même condamnée par le jugement de divorce. Il est infiniment vraisemblable que la femme qui a contraint son mari à demander contre elle le divorce, a commis une faute plus grave que celle dont le mari se contente d'une demande en séparation. Le mari qui plaide en divorce cherche à rompre tout lien avec celle qui est sa femme. Il ne songe même pas à une réconciliation possible, cette éventualité du pardon lui paraissant irréalisable.
Source : Gallica

Émile Chrestien La Capacité civile de la femme séparée de corps… (1897)

Le principe de l'égalité des sexes s'oppose à ce qu'on prenne contre la femme des mesures qu'on ne prendrait pas contre le mari, ou exige qu'on prenne contre le mari les mesures qu'on prendrait contre la femme. Si donc, en vue d'une pension alimentaire à payer, on était d'avis qu'il convient de limiter la capacité de la femme, on devrait décider aussi qu'il convient de limiter pareillement et dans le même but la capacité du mari. Or, personne n'oserait demander qu'en vue d'une éventualité qui, la plupart du temps, ne se produira pas, le législateur impose cette gêne au mari.
Source : Gallica

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