Émile Laurent

Résumé

Émile Laurent Ninon de Lenclos et sa cour (1858)

Épicure n'exige pas l'impossible.
— Vous êtes vif, monsieur le néophyte, ajouta gaiement Ninon.
Puis elle lui rendit, en manière d'accolade, le baiser qu'elle avait reçu tout à l'heure.
Le duc d'Enghien avait repris une physionomie enjouée.
En ce moment, on entendit gratter à la porte. C'était Miossens qui n'avait pas oublié le chemin de la rue des Tournelles et qui y revenait comme ami. Ainsi devaient faire tous les amants de Ninon.
Le duc d'Enghien, Miossens et Saint-Évremont avaient longtemps vécu sur le pied de la plus cordiale amitié; mais cette bonne entente devait bientôt cesser.
Source : Gallica

Émile Laurent Ninon de Lenclos et sa cour (1858)

Ninon, priée par Sévigné, se trouva placée en face de Bois-Robert, qui gambadait follement avec madame de Toré.
Jeune, de belle taille et d'agréable physionomie, Sévigné possédait ce genre d'esprit dont la légèreté est le seul mérite, qui se pose sur tout et ne s'arrête à rien. Son coeur était de même nature. Le volage marquis délaissait la plus aimable et la plus spirituelle d'entre toutes les femmes, pour courir sus à la beauté qui passait, fût-elle déjà fanée par l'usage, comme la fameuse madame de Gondran.
Source : Gallica

Émile Laurent Ninon de Lenclos et sa cour (1858)

Quinze jours après la scène racontée plus haut pendant que Condé et Turenne étaient aux prises dans le faubourg Saint-Antoine, Ninon rêvait à son nouveau veuvage dans le kiosque du jardin, où elle s'abritait contre l'ardeur accablante du soleil de juillet.
— Je dois être satisfaite, se disait-elle, sans que les coups de canon qui retentissaient à son oreille lui causassent la moindre impression: j'ai aimé... d'amour! Que me reste-t-il à désirer ? Rien. Mais que faire, car il ne faut pas demeurer oisive? Aimer encore... de la même manière? Non, c'est assez d'une fois. Aimer alors comme jadis?
Source : Gallica

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