Résumé

Émile Villemot Petit Brantôme de poche. Illustré par Loir Luigi (1883)

« Ma dame, vous serez contente de moi, je vous jure. » Là–dessus, bras dessus, bras dessous, se rendirent en la chambrette de la déesse, où ils tinrent, des heures durant, les plus doux propos et les plus lascifs, comme bien vous l'imaginez ; et tout le temps, le gentil homme redisoitce refrain : « J'ai fiance en vous. »
Lors, quand l'Aurore aux doigts
rosés vint ouvrir les rideaulx de la déesse, il la quicta en répétant encore cette douce parolle qui sonnoit si gentiment aux aulreilles de Vénus Pannée.
Source : Gallica

Émile Villemot Petit Brantôme de poche. Illustré par Loir Luigi (1883)

Mais dans une extase d'amour, elle oublia de taire son contentement, et dit, pour ne pas renvoyer le brave homme sans politesses :
– Ha ! c'est bien, Antoine, je suis satisfaite de vos bons offices : vous ensemencez et arrosez bien le jardin de votre maître.
Qui fut esbahi ? ce fut Antoine, qui entendait résonner cette voix familière et cogneue. Mais, en fidèle jardinier, il garda le secret et l'enferma dedans le mouchoir
qui servit le matin à lui rebander les yeux pour le départ.
Source : Gallica

Émile Villemot Petit Brantôme de poche. Illustré par Loir Luigi (1883)

De quoi Febvrier, fort desconfit, se dict tout bas : « Ha ! j'en ay. » Puis, fasché et rageur de la puce
qui le piquoit, le préfect à poingne se mit à poingdre dru et fort le villain – ainsi puis–je l'appeler, car ceux qui vous en donnent à porter ne paroissent guières jolis, au reguard du mari, s'entend, et non de l'honneste dame.
Lors, le battu poussa tels gémissements, vociférations et hurlements que toute la salle, depuis l'orchestre jusques aux logis des poules, aultrement dict poulailler, en eut les aulreilles qui cornoient et bruissoient terriblement.
Source : Gallica

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