Antonio Castelar

Définition et enjeux

E. Varagnac,  Revue des Deux Mondes

“ Castelar disait vrai, le jour où, approchant de la fin de sa carrière, il se rendait ce fier témoignage, à cette tribune des Cortès où sa parole avait retenti si souvent comme la voix de l’Espagne des temps nouveaux. Oui, maintes fois, durant le demi-siècle où il n’a cessé de prêcher, de lutter pour l’idéal de sa vie entière : la liberté, il a été vraiment la voix et la conscience de l’Espagne nouvelle ; — conscience inquiète, éperdûment vibrante aux souffles orageux venus d’au-delà des monts ! Espagnol, — et qui donc l’a été jamais davantage ? ”
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E. Varagnac,  Revue des Deux Mondes

“ En relisant cette page si mélancolique, il m’a semblé que Castelar, jeune encore, avait pressenti la ruine de ses propres illusions. — Était-ce la peine, direz-vous, pour ces illusions vouées à une fin prochaine, d’agiter l’Espagne, de déchaîner sur elle les orages des nations voisines, et, selon la prophétie de la gitane, de faire tant de bruit dans le monde ? Mais cette agitation de la place publique n’est-elle pas la condition, la vie même des peuples modernes ? Et Castelar plus que tout autre a travaillé à faire de sa patrie une nation moderne. ”
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E. Varagnac,  Revue des Deux Mondes

“ Dans l’œuvre des hommes d’exception que le philosophe Emerson appelait si justement les hommes représentatifs, et Castelar en était un, il y a toujours deux parts, deux aspects, deux versans. Par un côté, ils symbolisent, ils personnifient une nation ou une race ; mais, par l’autre, ils appartiennent à l’humanité, dont ils servent les fins mystérieuses. Ce dualisme, vous le retrouvez dans tous les écrits, dans tous les discours d’Emilio Castelar. Ce grand Espagnol s’est toujours souvenu qu’il devait (c’étaient ses paroles mêmes) sa part de labeur à l’humanité. ”
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