Résumé

E. Varagnac Revue des Deux Mondes

Bien des années après, Emilio Castelar s’est plu à retracer dans ses écrits, dans ses leçons de l’Athénée, et jusqu’à la tribune des Cortès, les beaux et innocens spectacles qui avaient ému jadis son cœur si fortement : les courses libres sur les plages de cette mer bleue, à la frange d’argent, qu’il a célébrée avec un sentiment de poésie si intense, les visites pieuses à l’église du village, et les fêtes de la sainte Vierge, aux jours radieux du printemps. Il avait pris là cet amour passionné de la nature que l’âge ni les affaires n’ont pu, dans la suite, jamais effacer.
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E. Varagnac Revue des Deux Mondes

Castelar disait vrai, le jour où, approchant de la fin de sa carrière, il se rendait ce fier témoignage, à cette tribune des Cortès où sa parole avait retenti si souvent comme la voix de l’Espagne des temps nouveaux. Oui, maintes fois, durant le demi-siècle où il n’a cessé de prêcher, de lutter pour l’idéal de sa vie entière : la liberté, il a été vraiment la voix et la conscience de l’Espagne nouvelle ; — conscience inquiète, éperdûment vibrante aux souffles orageux venus d’au-delà des monts ! Espagnol, — et qui donc l’a été jamais davantage ?
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E. Varagnac Revue des Deux Mondes

La liberté, la religion, la patrie, l’Italie, la Grèce, un de ces mots, un de ces noms qui évoquent tant de souvenirs vient-il à frapper son imagination, aussitôt jaillissent les aperçus, les sentimens, les innombrables réminiscences, et le torrent se précipite. Tous les discours et tous les écrits de Castelar sont émaillés de tirades brillantes, qui ont le tort de n’être, au fond, que des amplifications oratoires, coulées dans un moule, toujours le même, et dont le relief, à force d’avoir servi, semble un peu usé. Et, en effet, rarement la pensée se détache précise, à angles vifs.
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