Cédar

Définition et enjeux

Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine La Chute d’un Ange

Cédar, pâle et tremblant, vainement la rappelle :
Sourde aux cris du pasteur, la rapide gazelle,
Fouillant l’herbe profonde avec son long museau,
Découvre les enfants dans leur nid de roseau ;
Le couple vagissant à demi se réveille ;
Les pasteurs confondus contemplent la merveille,
Et Cédar, fléchissant au trouble de son cœur,
Tombe comme frappé d’un coup intérieur.
Cependant les bergers, longtemps penchés à terre,
Lèvent leurs mains au ciel, parlent avec mystère.
Doutant si ces enfants sont des êtres humains,
Ils les tournent sur l’herbe avec leurs rudes mains
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Gabriel Marc La Gloire de Lamartine

Répètent le doux nom de Laure.
Ô Tasse ! si tes chants ont rendu tes amours
Éternels comme toi, mon nom vivra toujours
Comme celui d’Éléonore.
Scène Quatrième
CÉDAR, DAÏDHA
cédar
Dans ces temps primitifs où le monde naissant,
Chef-d’œuvre que d’un mot créa le Tout-Puissant,
Jouissait d’un bonheur sans tache et sans mélange,
Cédar, heureux et pur, ouvrait ses ailes d’ange.
Mais bientôt les mortels, vaincus par leurs désirs,
Oubliant Dieu lui-même au milieu des plaisirs,
Connurent la douleur, l’esclavage et la haine.
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Portrait de Alphonse de Lamartine Alphonse de Lamartine La Chute d’un Ange

Mais Cédar, revenant à lui comme en sursaut,
De leurs faibles mains d’homme arrachant sa main libre,
Sur ses orteils crispés conserve l’équilibre,
Les entoure du bras, les étouffe a ses flancs,
Enfonce dans leur chair ses ongles tout sanglants :
D’une main tour à tour à l’aplomb les enlève,
Les brandit et les fait tournoyer comme un glaive,
Puis, leur battant le crâne aux angles du rocher,
En écrase les mains qui veulent s’approcher ;
Sanglants et mutilés, il les lance à la foule,
Qui, sous leurs corps tombants, s’écarte en large houle.
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