Alphonse de Lamartine,
La Chute d’un Ange
(1870)
“ O Daïdha ! dit-il, est-ce vous que je vois? Est-ce toi, cher regard, vent de lèvres de femme, Qui rends l'air à mon sein et le jour à mon âme? Est-ce toi dont la bouche...? O ciel ! fuis, enfant, fuis! Sais-tu ce qu'ils ont dit? d'où je viens? où je suis? Sais-tu qu'à leur courroux dénoncé par ta mère, Je mourais pour t'aimer ; et tu meurs si...— Mon frère. Dit-elle en lui fermant les lèvres d'un baiser, Non je ne fuirai pas, dût leur main m'écraser ! Puisqu'à travers nos yeux la malice des femmes À découvert l'amour clans les plis de nos âmes, Cet amour que nos coeurs ne s'étaient dit jamais ”
