Madame de Richeville

Définition et enjeux

Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Mathilde, Mémoires d’une jeune femme (1841)

Je n’avais pas vu Emma depuis deux jours ; je fus épouvantée du changement de ses traits.
Madame de Richeville, agenouillée à son chevet, la serrait dans une étreinte convulsive et couvrait de larmes et de baisers ses yeux, ses joues, son front, ses cheveux.
Une de ses femmes, étouffant ses sanglots, était à demi-penchée sur le lit, tenant une tasse à la main.
— Grand Dieu ! qu’y a-t-il ? — m’écriai-je en courant à madame de Richeville et m’agenouillant près d’elle.
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Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Mathilde, Mémoires d’une jeune femme (1841)

Malgré ma tendre affection pour madame de Richeville, je désirais de la voir sortir, je sentais la force factice qui m’avait jusqu’alors soutenue m’abandonner.
À peine la duchesse m’avait-elle quittée, qu’épuisée par les émotions de la journée, je me sentis défaillir ; bientôt je tombai presque sans connaissance entre les bras de ma pauvre Blondeau.
L’épreuve que j’avais voulu tenter ne me laissa aucun doute. L’amour pur, héroïque, était un rêve, une chimère...
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Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Mathilde, Mémoires d’une jeune femme (1841)

En songeant aux indignes calomnies dont elle avait été victime, je fus surtout frappée de voir dans quelle affectueuse intimité elle vivait avec des personnes qui représentaient certainement l’élite de la meilleure compagnie de Paris et qui passaient même, qu’on me pardonne cette expression, pour être extrêmement collet monté.
Ce revirement de l’opinion en faveur de madame de Richeville n’aurait pas dû m’étonner. Les gens de mœurs sévères sont d’autant plus indulgents pour les erreurs passées d’une personne qui recherche leur patronage que la vie présente de celle-ci est plus irréprochable.
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