Mademoiselle de Maran

Définition et enjeux

Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Mathilde, Mémoires d’une jeune femme (1841)

Mademoiselle de Maran, je ne sais dans quel but, dans celui sans doute d’exciter davantage mon envie, s’est plu à exagérer encore votre bonheur à mes yeux jusqu’au jour où elle vous a appris devant moi les calomnies dont vous êtes victime ; tout en faisant la part de sa méchanceté, je suis restée convaincue d’une chose, c’est que vous êtes la plus honnête, la plus noble femme qu’il y ait eu au monde et que pourtant votre réputation est sinon perdue, du moins à tout jamais compromise !
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Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Mathilde, Mémoires d’une jeune femme (1841)

J’avais une grande impatience d’arriver à Maran.
Blondeau m’avait souvent dit que ma mère avait passé deux étés dans cette terre de Maran avec moi, et qu’elle l’y avait accompagnée, alors que j’étais âgée de deux ans à peine ; jamais ma mère, disait-elle, ne s’était trouvée plus heureuse que dans cette solitude, où elle échappait aux méchancetés de mademoiselle de Maran et à l’indifférence glaciale de mon père.
J’étais ravie de savoir que le château était resté inhabité ; ces souvenirs si précieux pour moi me semblaient ainsi plus entiers, plus saintement conservés.
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Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Mathilde, Mémoires d’une jeune femme

Déliée, adroite, pénétrante, redoutée par sa méchanceté sarcastique, qui, ne craignant rien, s'attaquait à tout, mademoiselle de Maran se faisait une arme ou une défense de sa laideur, de sa difformité, de sa faiblesse, pour braver les hommes et les femmes. Elle s'immolait elle-même au ridicule, pour avoir le droit d'y sacrifier les autres sans pitié.
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