“ Bennet est un vrai philosophe. Venu cent ans avant Monsieur Bergeret, il a plus d’un trait de ressemblance avec le héros d’Anatole France : même amour des livres, même rancune contre la femme qui a déçu ses rêves de bonheur, même plaisir à voir les choses autrement que la foule, même affectation d’indifférence pour ses enfants. Quelquefois cependant il oublie son rôle, le sentiment reprend le dessus, et c’est avec un mélange délicieux de comique et d’émotion qu’il donne des conseils à Elisabeth sur le point d’épouser Darcy. ”
Élisabeth Bennet
Définition et enjeux
Élisabeth Bennet, personnage central de Orgueil et Préjugé de Jane Austen, incarne une intelligence vive et une indépendance peu commune pour son époque. L’auteure explore sa complexité à travers ses dialogues percutants et ses résistances face aux conventions sociales, comme en témoignent ses critiques de la "bienveillance universelle" ou ses conflits familiaux.
Kate Rague, quant à elle, place Mr. Bennet dans une lignée philosophique, soulignant ses contradictions et son rôle ambivalent dans l’éducation de sa fille. Ces approches, combinant analyse psychologique et contexte historique, révèlent une figure à la fois critique et humaine, ancrée dans les dynamiques de sa famille et de son environnement.
Citations sur “Élisabeth Bennet”
Jane Austen,
Orgueil et Préjugé (1813)
“ Miss Bennet assuroit qu’elle ne méritoit pas cet éloge, et l’attribuoit entièrement à la tendre affection de sa sœur. — Non, dit Elisabeth, cela n’est pas bien ; vous voulez croire tout le monde bon et estimable, vous vous fâchez si je blâme quelqu’un, et vous ne me permettez pas de vous croire parfaite ; gardez-vous de penser que je veuille usurper votre privilège de bienveillance universelle ! Il y a peu de gens que j’aime bien, et moins encore dont j’aie bonne opinion. Plus je vois le monde, et plus j’en suis mécontente. ”
Jane Austen,
Orgueil et Prévention
(1813)
“ Mme Bennet n’en continua pas moins son discours. Élisabeth rougissait et de honte et de chagrin ; chaque regard qu’elle portait vers M. Darcy accroissait son tourment car, encore qu’il ne regardât pas toujours Mme Bennet, elle vit bien qu’il l’écoutait très-attentivement : ses traits exprimèrent tour à tour l’indignation et le mépris ; puis il prit un air grave et tranquille. À la fin cependant Mme Bennet n’eut plus rien à dire, et lady Lucas qui depuis long-temps s’ennuyait d’entendre parler d’un bonheur qu’elle ne pouvait espérer partager, fut bien aise de pouvoir enfin souper en repos. ”
