A. French

Élements biographiques

A. French,  Histoire d'un soldat de 1870 (1871)

“ Tout autour de cette ville, une masse énorme d'hommes, de chevaux, de canons, se pressait à s'étouffer, comme un troupeau de moutons, pendant que les canons prussiens tiraient au milieu. C'était ce qui restait de l'armée française, des cent mille hommes qui, en se réunissant à Bazaine, devaient sauver la France !
A gauche, en remontant la Meuse, on voyait sur l'autre rive une grosse fumée noire qui se tordait dans le ciel. C'était le village de Bazeilles qui brûlait. Enfin on entendait encore, dans un faubourg de la ville, une fusillade, mais très-faible et qui s'éteignait peu à peu.
”
Source : Gallica

A. French,  Histoire d'un soldat de 1870 (1871)

“ WISSEMBOURG.
Je restai encore six mois au pays ayant d'être appelé au service, et je puis dire que ces six mois sont les plus heureux de ma vie.
Depuis que j'étais sûr d'épouser Catherine, il me semblait que la campagne était plus belle, les blés plus dorés, la rivière plus claire, les prairies plus parfumées,
Ah ! quelle bonne chose que l'amour ! Comme il vous fait aimer la vie, comme il vous rend le coeur bon et généreux !
Jamais je n'avais tant aimé mon père, ma soeur Madeleine et petite Rose; jamais l'amitié que me portaient ces braves coeurs ne m'avait paru une chose aussi douce.
”
Source : Gallica

A. French,  Histoire d'un soldat de 1870 (1871)

“ Mon pauvre père est mort comme un honnête homme en défendant sa
patrie envahie par l'étranger. Il dort bien loin de nous, dans quelque champ inconnu, et nous n'avons même pas la consolation de pouvoir aller pleurer sur, sa tombe. Mais ses enfants n'ont pas perdu son souvenir. Ils sont fiers de leur père, qui n'était qu'un pauvre paysan, autant que s'il avait été un roi ou un empereur; et, s'il leur venait jamais une mauvaise pensée, ils n'auraient qu'à songer à lui pour rougir de honte et rester toute leur vie des honnêtes gens.
”
Source : Gallica

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