Résumé

A. French Histoire d'un soldat de 1870 (1871)

Tout autour de cette ville, une masse énorme d'hommes, de chevaux, de canons, se pressait à s'étouffer, comme un troupeau de moutons, pendant que les canons prussiens tiraient au milieu. C'était ce qui restait de l'armée française, des cent mille hommes qui, en se réunissant à Bazaine, devaient sauver la France !
A gauche, en remontant la Meuse, on voyait sur l'autre rive une grosse fumée noire qui se tordait dans le ciel. C'était le village de Bazeilles qui brûlait. Enfin on entendait encore, dans un faubourg de la ville, une fusillade, mais très-faible et qui s'éteignait peu à peu.
Source : Gallica

A. French Histoire d'un soldat de 1870 (1871)

Mon pauvre père est mort comme un honnête homme en défendant sa
patrie envahie par l'étranger. Il dort bien loin de nous, dans quelque champ inconnu, et nous n'avons même pas la consolation de pouvoir aller pleurer sur, sa tombe. Mais ses enfants n'ont pas perdu son souvenir. Ils sont fiers de leur père, qui n'était qu'un pauvre paysan, autant que s'il avait été un roi ou un empereur; et, s'il leur venait jamais une mauvaise pensée, ils n'auraient qu'à songer à lui pour rougir de honte et rester toute leur vie des honnêtes gens.
Source : Gallica

A. French Histoire d'un soldat de 1870 (1871)

Oh, oui! répétais-je souvent, le capitaine Martin a raison. Un peuple qui ne comprend pas que le service militaire est le premier des devoirs pour tous les citoyens; qui, sous prétexte d'économies, conserve une armée insignifiante et parle même de la supprimer quand, à sa porte, un million d'hommes se vantent de lui enlever deux provinces, ce peuple est fou ; il est comme un banquier qui abandonnerait sa caisse ouverte au milieu de la grand'route, en donnant pour raison que tout le monde doit être content de son sort, et qu'il ne doit plus y avoir de voleurs.
Source : Gallica

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