Armand Du Mesnil

Élements biographiques

Armand Du Mesnil,  Propos interrompus (1882)

“ Dur, le jonc marin et les orties qui sont un premier rempart. Tout est en ordre; pas une foulée dans les joncs, pas une ortie qui n'ait gardé sa poussière, le mortier des joints est intact, et les tessons de bouteille étincellent à la lumière virginale, aigus, tranchants, comme si la roue du rémouleur y eût passé.
Ah! c'est qu'aussi chacun sait que M. Griset n'est pas tendre, et tel braconnier qui affronterait sans pâlir le fusil de son garde et taquinerait du pied ses pièges à loup, redoute comme le feu cet homme, qui ne dort
pas et qui mène toujours derrière lui les gendarmes.
”
Source : Gallica

Armand Du Mesnil,  Paris et les allemands : journal d'un témoin… (1872)

“ Leur infatuation est si forte qu'ils s'étonnent de notre résistance et qu'ils nous en font un crime; ils punissent de mort tout homme qui défend sa maison et ils appellent cela faire des exemples; à leurs yeux déjà, nous ne sommes plus un peuple, nous sommes des insurgés insoumis. Leur roi, lui-même, ne s'explique pas notre folie, et il s'étonne que nous quittions « nos paisibles travaux » pour lui faire obstacle. L'horreur de l'étranger n'est plus qu'une insolence, le courage du citoyen une
audace punissable, l'amour de la patrie cesse d'être une vertu.
”
Source : Gallica

Armand Du Mesnil,  Propos interrompus (1882)

“ Je manquais de souplesse, j'avais en horreur les banalités : voilà le vrai ; lorsque je me reporte à cette époque de mon enfance, où je vivais si rarement de la vie commune, je crois pouvoir dire que ce n'était point par le défaut de sensibilité que je péchais, mais plutôt par l'excès. Mon amour de la solitude, qui fut peut-être en certains cas une ressource de mon orgueil, fut plus souvent encore la passion d'une désespérée, et l'on s'abusait étrangement quand on m'accusait de ne chercher que moi sous ces charmilles où trop souvent je m'oubliais. ”
Source : Gallica

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